Devant ce qu’il qualifie de dangers qui guettent le pays, le MSP appelle à un « consensus national global ». Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), dont le Conseil consultatif s’est réuni le week-end dernier, a mis en garde contre les menaces « internes et externes » qui menacant l’Algérie sur les plans social, économique, identitaire et sécuritaire, invitant la classe politique à s’unir autour d’un front pour y faire face.

C’est du moins l’une des résolutions finales du madjlis echoura du parti islamiste, qui plaide en faveur de « la naissance d’un large front national pour protéger l’Algérie des dangers qui nous entourent, à travers la construction d’un consensus national global et rassembleur dans un cadre de légitimité populaire ». Par ce consensus, le MSP entend « définir les priorités et ouvrir le champ à toutes les forces vives de la nation pour écrire l’histoire de la réussite qui rendra espoir aux nouvelles générations », lit-on dans le document final des résolutions rendu public hier. L’initiative du MSP, il est clair, intervient dans un contexte économique de crise et un front social en ébullition, en plus des événements de Kabylie, suscités par le refus de l’APN de voter un amendement portant promotion de la langue tamazight. D’où ses craintes pour l’identité. Mais aussi, dans un contexte de guerre à nos frontières.
Une invitation franche donc du président du parti, Abderrazak Makri, au gouvernement, à se pencher sérieusement sur les répercussions de la crise sur le pouvoir d’achat des citoyens et autres questions liées aux multiples dangers. Dans ce sens, le MSP demande au gouvernement d’Ahmed Ouyahia l’élaboration d’une vision globale de croissance qui corrige les traitements partiels, qui prolongent la crise au lieu de la résoudre et suscitent des craintes chez les citoyens concernant leur avenir. A cet effet, Makri, qui a succédé au président sortant Abdelmadjid Menasra, a, d’ailleurs, dès le début de sa reprise de fonction, annoncé qu’il allait entreprendre des contacts avec les partis politiques pour débattre de cette initiative.
Par ailleurs, le MPS a mis en garde contre le recul enregistré sur le plan des acquis démocratiques à travers « les atteintes et les restrictions des libertés politiques, syndicales et d’expression ». Sur ce registre, le parti a, tout en exprimant « son entière solidarité avec les catégories victimes de ces pratiques », appelé le pouvoir « à assumer la responsabilité de tout dérapage touchant la stabilité et l’unité nationales ». Concernant la situation interne du parti, le Conseil consultatif a salué les efforts du Bureau exécutif national visant à concrétiser la fusion entre le MSP et le Front du changement (FC) au niveau local et central, estimant que le parti a enregistré une progression lors des élections locales du 23 novembre dernier par rapport aux élections de 2012. Ceci, non sans dénoncer « la fraude électorale » qui exprime, selon l’une de ses résolutions, « le recul de la démocratie en Algérie qui, à l’occasion, rate une chance de réaliser une transition démocratique à travers des élections libres et transparentes ».
Pour rappel, Abderrezak Makri a pris, avant-hier, la présidence du MSP pour assurer la gestion de la dernière étape du processus de fusion avec le Front du changement (FC), en attendant la tenue du 6e congrès extraordinaire, prévu en mai prochain pour l’élection d’un nouveau président. L’ex-président du FC dissous, Abdelmadjid Menasra, avait présidé le mouvement lors de la première étape (juin-décembre 2017) de la fusion, durant laquelle il a eu à gérer la participation du parti aux élections locales du 23 novembre. A l’issue de sa prise de fonctions, Makri, qui voit déjà grand, a annoncé que « des contacts sont entrepris avec d’autres partis, à l’instar du mouvement Ennahdha, pour élargir le projet de fusion, mais à ce jour, il n’y a encore rien d’officiel ». « Le MSP compte également contacter d’autres partis constituant la Coordination pour les libertés et la transition démocratique pour la concertation et la coordination autour des différentes questions nationales », a-t-il également annoncé.