Le procès en appel d’Ali Haddad, qui avait été difficilement reporté la semaine dernière, suite aux demandes «insistantes» des avocats de la défense, pourrait encore être perturbé, voire carrément de nouveau reporté aujourd’hui, après les récentes annonces d’un mouvement de grève de l’Ordre des avocats d’Alger. Le juge, en charge du dossier de «l’affaire Ali Haddad», avait toutefois précisé, dimanche dernier (20 septembre) que cette «semaine» supplémentaire qu’il acceptait d’accorder à la défense, pour «leur permettre de consulter le dossier», était un délai «maximum» au regard du programme chargé de la Cour : «Nous ne pouvons pas ajouter un jour de plus», avait-il lancé.
Cette affaire importante, est liée, pour rappel, à des actes de corruption, notamment «obtention de privilèges immobiliers et bancaires» et «conclusion de marchés en violation de la législation». Le procès Ali Haddad avait conclu, le 1er juillet dernier en première instance, à des peines très lourdes. Dix-huit ans de prison ferme et une amende de 8 millions de dinars pour l’ex-homme d’affaires et président de l’ex-FCE. Des peines de 12 ans fermes avaient par ailleurs été prononcées contre deux des principaux coaccusés dans cette affaire, les anciens Premier ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. Un jugement qui a toutefois été immédiatement contesté par la défense. Les avocats ont par ailleurs déclaré, dimanche, que le jugement en appel n’avait pas lieu dans des conditions normales ; motivant leur demande de report en déclarant n’avoir «pas eu accès à l’ensemble de pièces du dossier d’accusation». L’un des avocats d’Ali Haddad souligne ainsi n’avoir pas eu accès au dossier du procès en première instance. «Il a été accusé sur la base de documents auxquels nous n’avons pas eu accès (…) On dit qu’il y a un CD contenant des enregistrements, nous ne l’avons pas eu». Argument rejeté dans un premier temps par le juge, qui précise aux avocats que «tout le dossier est là à la disposition de la défense (…) D’ailleurs il n’y a pas de nouvelles pièces par rapport au jugement de Sidi M’Hamed. C’est le même dossier», il finira au bout de près d’une heure de «discussion» parfois «animée» par accorder un délai supplémentaire «d’une semaine». Le réexamen aujourd’hui de «l’affaire» reste cependant très incertaine au regard des derniers développements, notamment de l’annonce d’une grève des avocats jusqu’au 4 octobre prochain, et du «boycott» du travail judiciaire au niveau de la Cour d’Alger et des tribunaux qui lui sont affiliés. Il est également à rappeler que la vingtaine d’avocats des accusés de l’affaire Haddad s’étaient montrés très critiques sur l’utilisation «abusive», selon eux, de la visioconférence. Ali Haddad comparaissait, en effet, depuis la prison de Tazoult (Batna), alors que certains des 60 accusés dans l’affaire étaient physiquement présents durant l’audience. Une situation «inégale» pour les avocats. «Le transfert de Ali Haddad à la prison de Tazoult n’est pas conforme étant donné que son procès en appel était déjà programmé (…) Par ailleurs, la loi dit que le jugement à distance est une exception. Que certains soient présents et d’autres non est une inégalité». Le juge a cependant refusé de débattre de cette demande en expliquant que la Cour suivait les procédures habituelles.