Par Feriel Nourine
Face à une pluviométrie de moins en moins généreuse, ces dernières années, et un stress hydrique dont l’impact se fait de plus en plus préoccupant, les pouvoirs sont en train d’actionner des démarches qui permettent d’aller explorer et exploiter d’autres sources d’approvisionnement.
Dans le cas de l’eau potable, le cap a été mis essentiellement sur le dessalement d’eau de mer, notamment pour alimenter les régions les plus affectées par le manque de pluie. Les derniers projets de stations de dessalement d’eau de mer (SDEM) font, en effet, face à la défaillance de l’offre dont pâtissent de nombreux barrages pour raison de pluviométrie peu abondante, mais aussi d’envasement, faut-il le souligner.
Face à cette situation, les projets sont en train de se multiplier pour élargir la cartographie des SDEM et faire contribuer davantage l’eau de mer dessalée à la consommation des ménages. A ce jour, cette contribution est estimée à 17% au niveau national, a indiqué hier l’inspecteur général du service irrigation au niveau du ministère des Ressources en eau, Omar Bougherra.
Un taux qui reste visiblement insuffisant face à des données climatiques qui sont en train de réinstaller la sécheresse en Algérie, ces dernières années, replongeant les citoyens de plusieurs régions dans le stress hydrique et les programmes de restriction mis en place par les services concernés. Intervenant sur la chaine privée Echourouk, M. Bougherra a cependant souligné que du travail restait à faire et que les objectifs du gouvernement étaient d’atteindre 42% au cours des années 2024-2025 et 60% à l’horizon 2030.
L’intervenant a précisé qu’actuellement, les wilayas de l’Ouest sont les plus grands bénéficiaires de l’eau dessalée, car la plupart des stations sont situées dans cette région et fournissent plus de 50 % du taux général en provenance des SDEM.
Concernant la wilaya d’Alger, le même responsable a indiqué que 47% de l’eau qui y est distribuée provient de l’eau de mer dessalée. C’est dire la dépendance de ce type de ressources hydriques au niveau de la capitale et d’autres wilayas.
Ce qui pousse à poursuivre les efforts en la matière et à viser des taux nettement plus hauts que ceux réalisés à ce jour.
Mais le gouvernement ne semble pas vouloir s’arrêter au renforcement du parc de SDEM. Il compte aussi mettre en place des mécanismes servant à développer cette activité et à la hisser à la dimension de la place et de l’intérêt grandissant qu’elle occupe dans la gestion des ressources hydriques en Algérie. Cela devrait se faire sous l’égide d’un organisme dédié, et en ce sens, un projet de décret exécutif portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale de dessalement de l’eau, a été présenté mercredi dernier en réunion du Gouvernement.
Ce projet de texte vient en application des orientations du président de la République relatives à la stratégie nationale de développement des ressources en eau non conventionnelle, a fait savoir un communiqué du Premier ministère, expliquant que la création de cette agence «renforcera et harmonisera les instruments nationaux dédiés au développement de l’activité de dessalement de l’eau».
Dans cette optique, sa mission consiste à réaliser des stations de dessalement de l’eau, et d’en assurer la gestion et la maintenance, de superviser les études stratégiques en matière de dessalement de l’eau et de mettre l’eau produite au niveau des stations de dessalement de l’eau, à la disposition des organismes chargés de la distribution de l’eau, a-t-on précisé.
Pour rappel, le secteur national des ressources en eau compte actuellement 12 SDEM, dans l’attente de la réception de nouvelles unités, qui porteront leur nombre à 23 durant les deux prochaines années.
Outre les stations de dessalement d’eau de mer, l’intérêt conféré par l’Etat au renforcement des capacités de mobilisation des eaux concerne notamment le lancement de la réalisation de nouveaux barrages, dont quatre seront réceptionnés en 2024, indique-t-on au niveau du ministère de tutelle, précisant que ces nouvelles réalisations porteront à 85 le nombre de barrages, dotés d’une capacité globale de 9 milliards de m3, contre une capacité de mobilisation estimée actuellement à 6,8 milliards de mètres cubes d’eau. <