Par Younes Mansouri
Invité hier à la radio nationale, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a annoncé que son département travaille à l’élaboration de «mesures beaucoup plus radicales», visant à surmonter le problème de liquidités. Il a ajouté que son département est en train de mettre en place tous les mécanismes possibles pour satisfaction et répondre aux besoins de liquidité. Le ministre ne précise cependant pas la nature des mécanismes, se limitant à indiquer, de façon sommaire, que d’ici la semaine prochaine, le gouvernement procèdera à «la mise en circulation» de «grandes quantités de billets». Mais, à quelle source va-t-il puiser pour se les procurer ? L’Exécutif compte-t-il faire imprimer d’importantes quantités de billets de 2000 dinars, une coupure fraichement produite par l’hôtel de la monnaie de la Banque d’Algérie ? Benabderrahmane semble, par ailleurs, apprécier le travail accompli par le comité de veille, regroupant tous les intervenants de la place. Le comité, a-t-il noté, «va permettre de juguler ce phénomène et de répondre aux besoins au cas par cas». Pour le ministre, l’étendue du territoire «impacte» l’acheminement, à temps, de la liquidité. Et de souligner que chaque fois que «la tension monte» dans les bureaux de postes, le comité réagit rapidement pour «apporter des solutions». Il a, en outre, «salué» la fermeture des comptes commerciaux au niveau des bureaux postaux (comptes CCP). Il s’agit, a-t-il dit, d’une solution «tout à fait logique» qui va impacter «positivement la disponibilité de la liquidité» au niveau des bureaux de poste. Le gouvernement en est ainsi à sa énième tentative de régler le problème de liquidités. Il se trouve dans une situation fort embarrassante. Et les solutions sont difficiles à trouver. Pourquoi ? Tant que l’économie ne montrera pas des signes d’augmentation de la croissance, qu’elle continuera à être dépendante du pétrole et que la production de biens et de services reste encore insuffisante, les difficultés liées à la liquidité demeureront complexes. Ainsi, dans une économie encore faible, les banques restent fragiles financièrement, avec des dépôts souvent instables. Et de ce fait, elles ne génèrent pas beaucoup de liquidités. Les dépôts à vue ont diminué de 3,22%, baisse moindre que celle enregistrée à fin 2019 (-19%). Ces dépôts sont passés de 4 351,2 milliards de dinars à fin 2019 à 4 211 milliards de dinars à fin 2020», lit-on dans un communiqué de la Banque d’Algérie diffusé il y a quelques semaines. La banque des banques a précisé : «En revanche, les dépôts à terme ont enregistré une croissance positive de 3,98% pour l’année 2020 contre une hausse de 5.71% une année auparavant». Par secteurs juridiques, les dépôts à vue collectés auprès du secteur public ont fortement baissé de 17,80% à fin 2020. Quant aux dépôts à vue collectés auprès des entreprises privées et des ménages, ils ont augmenté de 10,62% et 9,01% respectivement, a indiqué encore la Banque centrale qui a ajouté : De même, les dépôts à terme en dinars collectés auprès du secteur public ont connu «une baisse de 7.86%», alors que ceux collectés auprès des entreprises privées et des ménages ont enregistré une hausse de «30,53%» et «2,70% respectivement». Il s’agit là une légère hausse du niveau des dépôts, ce qui a conduit à une amélioration de la liquidité au cours du dernier trimestre de 2020, sous l’effet des mesures de politique monétaire décidées par la Banque d’Algérie en matière de baisse du taux des réserves obligatoires, de l’augmentation des seuils de refinancement des titres publics négociables, de l’allongement de la durée des refinancements de 7 jours à un mois et de la satisfaction totale des demandes de refinancement des banques. Ainsi, la liquidité bancaire a atteint 632,3 milliards de dinars à fin 2020». Le problème est que ces mesures ne sont pas de nature à produire des effets durables tangibles en matière de liquidité.

L’équation économique et la recherche de l’Etat stratège

«Le plan n’a jamais été une priorité» depuis, mentionnera-t-il dans son récit des expériences vécues à la fin de la décennie soixante-dix.
L’absence de recensement, le manque de l’information statistique sont les éléments marqueurs de l’absence de planification, dira encore Azzedine Belkacem Nacer. Ils sont au cœur des difficultés à gérer les ressources du pays et à les mobiliser dans une logique économique de sortie de crise. On parlera à ce sujet de l’impuissance de la puissance publique à trouver une solution à l’extension dangereuse de la sphère informelle et à dégager pour le pays des politiques de croissance lui permettant de créer une réelle alternative aux hydrocarbures et générer de la croissance.
Notamment dans le monde agricole, un secteur qu’abordera Omar Bessaoud. Ce spécialiste de l’économie agricole rappellera avec d’autres que la culture du bilan en Algérie, «celle qui permet de corriger les insuffisances, d’anticiper les évolutions et d’appréhender les difficultés futures, est devenue le grand absent du débat et de l’action économiques. Chose qui n’a pas existé au temps où M’hamed Boukhobza travaillait, dira-t-il, en rappelant qu’il était d’abord un «grand spécialiste du monde rural» avant de s’intéresser à l’urbain, deux questions qu’il abordera dans un ouvrage abondamment cité hier comme un livre-référence : «Octobre 88, évolution ou rupture ?». «Pour poser une question qu’on ne se pose pas assez aujourd’hui : quel projet de société pour l’Algérie», fera remarquer Hamid Khaldoun, qui figurait parmi les plus jeunes des chercheurs qui travaillaient sous la coupe de M. Boukhobza, notamment dans l’association de recherche, Ardess.

Corriger les insuffisances, anticiper les évolutions et appréhender les difficultés futures
Tous ces intervenants ont tous croisé le chemin de M. Boukhobza ou travaillé avec lui pendant des années jusqu’à son assassinat. La parole qu’ils ont eue dans la salle ou en visioconférence, au sujet de l’homme et du chercheur, a, donc, été riche en témoignages scientifiques et prenante en anecdotes à faire jeter des larmes. Chacun à sa façon, ils ont restitué le parcours d’une des figures majeures de la sociologie appliquée à l’économie du développement dans notre pays. Chacun selon ses mots et ses souvenirs personnels, ils ont surtout pris en exemple ses contributions et ses expertises pour montrer du doigt la nécessité pour l’Algérie de se créer les outils indispensables dont elle a besoin actuellement pour «savoir ce qu’elle produit, ce qu’elle fait et où elle va», selon l’expression d’un universitaire présent.
Dans ce domaine, ils ont tous été unanimes pour dire que si les ouvrages et les résultats des travaux de M. Boukhobza méritent d’être réédités et qu’ils ont besoin aussi pour certains d’un effort de réactualisation – les plus anciens remontent au milieu des années soixante et les plus récents se sont brutalement arrêtés au tout début de la décennie quatre-vingt-dix –, sa manière d’arpenter sans cesse le terrain, de collecter l’information en mobilisant des équipes de chercheurs, de la transmettre et de l’exploiter à des fins herméneutiques et de planification manquent cruellement aujourd’hui dans les centres de recherche. Elle représente un modèle et une tradition avec lesquels «il est absolument nécessaire de renouer», dira le modérateur du débat, le sociologue Naceur Bourenane qui n’a pas manqué de nous faire remémorer que M’hamed Boukhobza réfléchissait constamment à l’avenir de l’Algérie y compris sur le plan religieux, une affaire qui ne cesse de nous revenir en pleine figure sans lui trouver des réponses rassurantes. «Il y a nécessité d’une vision d’avenir», clamera-t-il en résumé de l’hommage à l’issue duquel on a compris que tout le travail de M. Boukhobza allait dans le sens de la construction d’un Etat-stratège et chef d’orchestre qui ferait coopérer efficacement tous les secteurs clés pour mieux négocier l’avenir et ses aspérités. n

Plaidoyer pour la révision des lois et la création d’une banque à l’export
Dans ce sens, de nombreuses mesures ont été prises au niveau des wilayas à l’effet de «suivre de près le déroulement des opérations d’exportation et de lever les obstacles tant au niveau administratif que sur le terrain auxquels fait face l’exportateur dans sa wilaya».
Il s’agit en outre de l’extension des sessions de formation dans les métiers de l’exportation et du commerce extérieur organisées par la Chambre algérienne du commerce et d’industrie (CACI) aux chambres locales du commerce et d’industrie.
Les transporteurs privés appelés à plus d’implication
Par ailleurs, les opérateurs économiques activant dans le domaine du transport maritime et terrestre ont été conviés par M. Rezig à se rapprocher des services du ministère du Commerce, en vue d’examiner l’éventualité de les agréer dans le domaine du transport relatif aux opérations d’exportation et leur permettre de souscrire au FSPE. «L’ensemble des services et structures d’appui à l’exportation sont prêts à œuvrer à l’intensification de l’activité et au redoublement des efforts, en vue de répondre aux exigences à même d’assurer les conditions appropriées à l’amélioration continue des moyens et mesures incitatives à l’export», a-t-il assuré.
En matière de transport aérien de marchandises, Air Algérie Cargo (filiale d’Air Algérie), a transporté plus de 80 tonnes/jour de marchandises dans le cadre de la poursuite de son activité depuis la propagation de la pandémie de coronavirus, selon son directeur général-adjoint Alayli Ilyes, qui a révélé que la filiale a maintenu toutes ses activités durant la période de la pandémie concernant «le transport des marchandises de et vers l’étranger en dépit du contexte sanitaire difficile». Six à huit vols par jour et des avions d’une capacité allant de 5 à 20 tonnes ont été mobilisés pour répondre aux besoins des exportateurs et des importateurs, a-t-il noté, soulignant qu’aucune augmentation des prix n’a été appliquée en dépit de la situation financière de la compagnie.

Qu’en est-il du régime des changes ?
Prendre en charge les exportations hors hydrocarbures par le biais de nouvelles mesures est accueilli favorablement par les opérateurs économiques. Cependant, les associations qui les représentent ainsi que les experts économistes attirent l’attention et plaident d’abord pour la révision du régime des changes qu’ils considèrent comme un véritable obstacle au business et un frein au développement des activités export.
«Tous les opérateurs et intervenants de la chaîne des exportations sont unanimes à revendiquer une réforme du régime des changes», a déclaré récemment le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali-Bey Nasri dans un entretien accordé à Reporters. Se montrant plus tranchant, il a ajouté que désormais, «la révision de la réglementation des changes ne relève plus du souhait, mais de l’exigence».