Il y a un mois à peine, les observateurs pariaient allègrement sur un baril à 100 dollars pour la fin de l’année. Mais voilà qu’après avoir atteint en septembre son plus haut niveau depuis 2016, l’or noir entame une dégringolade.

Contrairement aux attentes de certains analystes, cette tendance s’est accélérée depuis l’entrée en vigueur des fameuses sanctions américaines contre l’Iran. Ces sanctions, qui auraient en d’autres temps fait exploser les prix du baril, semblent étrangement inopérantes, imposant même un effet contraire. Il est clair aujourd’hui que les contingences géopolitiques rythmées par les tweets d’un Donald Trump passé maître dans l’esbroufe ne produisent plus les mêmes effets. Entre le discours doublé par les effets d’annonces et les conséquences sur le terrain, il y a désormais l’évidence de la réalité. Les Iraniens, qui continuent à vendre leur pétrole, ne se font pas prier pour le faire savoir. Cependant l’avenir du pétrole semble de plus en plus inquiétant avec notamment l’avènement sur le marché du schiste américain. Avec des dirigeants à la Trump ce « nouveau pétrole » ne fera pas cas des petits producteurs. Les forages de l’Oklahoma ou du Dakota, qui devraient transformer les États-Unis en nouvelle superpuissance pétrolière, imposeront un nouvel ordre. En attendant, le monde se tourne aujourd’hui vers l’Opep particulièrement sous pression. L’organisation pétrolière, qui devrait se réunir le 5 décembre prochain à Vienne pour décider de l’action à entreprendre, n’aura pas droit à l’erreur d’appréciation. Cette nouvelle guerre des prix du pétrole n’augure rien de bon dans les rapports internationaux de plus en plus impitoyables. Les principaux acteurs influents sur ce marché devenus fous tentent de tirer les ficelles chacun de son côté. En espérant que le ciel ne tombe pas sur tout le monde. Mais avec environ un tiers de la production mondiale, l’Opep pourrait conserver une influence importante sur le marché si elle arrive à bien utiliser les atouts qu’elle détient dans son jeu. Il est évident que dans la capitale autrichienne, les membres de l’Opep se doivent d’être plus à l’écoute de leurs propres intérêts, et non pas succomber à des considérations géopolitiques pouvant être morbides