Synthèse PAR INES DALI
Une série de contraintes accompagnée de propositions de solutions ont été exposées par les participants aux Assises nationales sur l’économie de la connaissance. Parmi les principaux obstacles relevés, ils ont mis l’accent, entre autres, sur la réglementation qui a besoin d’une profonde réforme ainsi que sur le soutien des entreprises activant dans le secteur.
Des experts, des chefs d’entreprise et des représentants d’organismes économiques se sont relayés, lors de cette rencontre à Alger, pour faire part des contraintes qui se dressent devant les entreprises algériennes voulant augmenter leur compétitivité et investir les marchés extérieurs. D’où leur appel à la nécessité d’engager une «profonde réforme» des textes réglementaires et juridiques et de «soutenir les projets de recherche et de développement» pour encourager les entreprises créatrices de richesse et de valeur ajoutée.
Intervenant lors de l’atelier sur «la promotion numérique», des participants ont plaidé pour la dérégulation du secteur, la révision du système fiscal, mais ont aussi appelé à remédier à la bureaucratie qui ralentit ou décourage toute initiative. Dans ce contexte, Zerrouki Sid-Ali, consultant et chef d’entreprise, a évoqué «le niveau d’imposition appliqué aux entreprises activant dans le secteur des technologies d’information et de communication», considérant que le système fiscal actuel «ne favorise pas les activités de recherche et de développement». Il a estimé que «la fracture numérique constitue un enjeu» pour le pays notamment dans les zones isolées et ce, «en dépit des efforts déployés par les pouvoirs publics pour renforcer les infrastructures des télécommunications», a-t-il ajouté, cité par l’APS. Un autre chef d’entreprise, prenant la parole à son tour lors de cet atelier, a insisté sur «la nécessité d’une dérégulation» du secteur du numérique pour permettre aux entreprises privées d’investir. C’est ainsi qu’il a lancé un appel aux autorités pour que soient levées les «entraves bureaucratiques et administratives».
Parmi les autres solutions proposées, d’autres chefs d’entreprise et intervenants ont mis l’accent sur l’un des modes de soutien aux entreprises innovantes. Ils ont proposé, dans ce sens, que celles-ci pourraient bénéficier de marchés publics. L’importance d’installer des Data Center aux normes internationales figure également parmi les points soulevés.
Le financement des projets de recherche et d’invention, l’un des thèmes abordés, devra bénéficier d’un intérêt particulier à la faveur de mesures prises par l’Etat à travers de nouveaux textes. Dans ce sens, des experts ont relevé que «des mesures et des dispositions ont été prises par l’Etat pour assurer les ressources à travers les fonds de participation et du capital-risque». A ce propos, le Directeur de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob), Brahim Mihoubi, a fait savoir que des «projets de réglementation en cours de publication» vont venir «renforcer les mécanismes de financement» des start-ups et des entreprises de services, créatrices de solutions de gestion et d’innovation.
Ayant pris part à cette rencontre, le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Economie de la connaissance et des Start-ups, Yacine El Mahdi Oualid, a souligné que la décision prise par la Banque d’Algérie, qui dispense les entreprises du numérique des formalités de domiciliation bancaire pour l’exportation de leurs services, va soutenir les efforts entrepris dans le domaine et aider à la diversification des exportations algériennes. C’est une mesure qui constitue aussi «un levier pour soutenir la croissance économique», a-t-il estimé, précisant que la décision de la Banque d’Algérie centrale est «le résultat d’intenses consultations avec les autorités du ministère et des entreprises concernées».
De son côté, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Brahim Boumzar, a affirmé que le défi de l’Algérie demeure «l’amélioration du contenu local de manière à inverser la tendance actuelle de consommation du contenu étranger». Rappelant que la mise à niveau des infrastructures de réseaux devrait déboucher sur la création de contenus positifs à même d’avoir une incidence sur le développement économique du pays et à contribuer à la création de la valeur ajoutée.
D’autres thèmes ont été abordés en ateliers lors des Assises sur l’économie de la connaissance, comme la propriété intellectuelle, le transfert technologique, la formation et la gouvernance, dont les travaux doivent être sanctionnés par la proposition d’une une plateforme et d’une feuille de route pour la promotion du secteur. n