La reprise épidémique en Europe, en sus de l’apparition d’un nouveau variant appelé AY4.2 (sous-variant du Delta), oblige l’Algérie, qui connaît une accalmie de la pandémie de Covid-19, à plus de vigilance, notamment avec l’ouverture des espaces aérien et maritime et l’afflux des voyageurs en provenance de l’étranger. Cela outre le risque d’une quatrième vague qui n’est pas écarté.

PAR INES DALI
Pour le Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie, «quelle que soit l’évolution de la pandémie, quel que soit le variant qui fera son apparition, le plus important c’est qu’il y ait en face une population immunisée. La vaccination reste l’unique solution pour éviter et les vagues, et les décès et les formes graves de la maladie de Covid-19», a-t-il déclaré.
Le Dr Mohamed Yousfi, président de la Société algérienne d’infectiologie, insiste lui aussi sur la vaccination, expliquant que «le sous-variant du Delta est très rare, que ce soit au Royaume-Uni ou ailleurs. Pour l’instant, il est sous surveillance et n’est pas considéré comme étant préoccupant par l’Organisation mondiale de la santé, comme ce fut le cas pour les autres variants Alpha, le sud-africain, le brésilien ou encore le Delta». Jusqu’à présent, a-t-il poursuivi, c’est le variant Delta qui a pris le dessus et qui reste majoritaire dans le monde. Le Dr Yousfi fera remarquer que l’accalmie constatée peut, toutefois, être «menacée à tout moment tant qu’on n’a pas atteint un taux de vaccination élevé, et ce, pas seulement en Algérie mais au niveau mondial». Il insiste que «la vaccination est le seul moyen qui permet de se protéger contre le Covid-19 et d’avoir l’immunité collective».
Un avis que partage le Pr Djenouhat. «Actuellement, nous sommes dans une situation d’accalmie et de stabilité avec des cas d’infection et de décès assez bas, mais nous ne sommes pas encore à zéro cas», a-t-il dit, avant d’enchainer que «même si nous avions zéro cas en Algérie, cela ne veut pas dire que nous sommes à l’abri, puisque la transmission peut de nouveau surgir tant que le Covid-19 continue de circuler dans le monde et que la pandémie n’a pas encore disparu».
Ainsi, dans tous les cas, nouveau variant ou pas, l’Algérie se doit de maintenir la plus haute vigilance, même si l’accalmie a permis, sur le plan interne, la récente levée de certaines restrictions restantes comme celle ayant trait au couvre-feu nocturne qui n’est plus en vigueur depuis hier dans tout le pays, mais pour une durée de 21 jours dans 23 wilayas. «La nature de l’être humain est ainsi faite sur le plan psychologique et social. Lorsqu’il voit une accalmie, il a besoin de se sentir libéré après une privation comme celle due au confinement sanitaire. Mais la vigilance est toujours de mise car nous ne sommes pas l’abri d’une recrudescence tant que le virus continue de circuler. Même si nous n’avions plus de cas ici chez nous, nous vivons dans un monde à ciel ouvert et à mon avis, il n’y aura plus de fermeture des frontières aériennes. Je pense que ce sera une ouverture presque définitive. Ce qui reste alors, c’est la prévention», a soutenu notre interlocuteur.
Il explique ensuite que la prévention a changé de concept et de définition en fonction des trois phases de l’évolution de la pandémie. Au début, «il fallait se laver les mains tout le temps, utiliser le gel hydro-alcoolique, se doucher en entrant à la maison, changer ses vêtements, porter le masque et garder la distanciation physique, alors que durant la deuxième phase, on avait multiplié les tests antigéniques au maximum tout en gardant bien sûr le masque et la distanciation», a-t-il rappelé.
«Pour la troisième phase de la pandémie qui, j‘espère sera la dernière, le concept de la prévention a changé. Maintenant, on ne parle plus de gel hydro-alcoolique, par exemple, mais c’est de la vaccination dont on parle», a-t-il insisté. «On sait qu’il n’y a que le variant Delta et s’il y aura d’autres variants, ils ne peuvent dériver que du variant Delta qui prédomine maintenant dans le monde entier. Si un nouveau variant apparait et s’il s’avère plus dangereux et plus transmissible que le Delta, l’essentiel c’est que les gens soient immunisés», selon le Pr Djenouhat. Il ajoute en soulignant que l’immunité dont il parle est, premièrement, celle qu’on a acquise par voie naturelle, c’est-à-dire les personnes qui ont attrapé le virus de Covid-19 et qui deviennent immunisées pendant trois mois après leur infection. Ces personnes-là doivent, en revanche, «se faire vacciner après les trois mois».
Deuxièmement, l’immunité s’acquiert par la vaccination pour le reste des personnes qui n’ont pas attrapé le virus. D’où, «la vaccination s’impose car le Delta est toujours là, en plus du fait qu’il y ait un risque d’apparition de ses sous-variants», a-t-il argumenté. Dans ce cas, rien ne peut garantir que ces personnes ne soient pas contaminées, car il faut savoir que «les cibles principales du variant Delta et ses sous-variants parmi la population seront les personne non-immunisées, c’est-à-dire celles qui ne se seront pas faites vacciner et celles qui n’auront pas été infectées par le Covid durant les trois derniers mois».
Pour le Pr Djenouhat, «quelle que soit l’évolution de la pandémie de Covid-19, la vaccination reste l’unique solution pour éviter que les personnes qui l’attrapent développent des formes graves de la maladie», a-t-il réitéré, tout en insistant qu’il faut absolument maintenir les gestes barrières, notamment le port du masque dans les endroits fermés. <