Les prix du pétrole ont baissé de nouveau hier en cours d’échanges européens, après avoir légèrement progressé la veille, dans un marché toujours variable et face à une tendance devenue régulière, celle de la profusion de l’offre. Cette baisse est la plus importante depuis plusieurs mois. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier valait 64,79 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres

, en baisse de 2 dollars par rapport à la clôture de lundi. Le baril de «light sweet crude» pour la même échéance, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, perdait 2,02 dollars à 55,18 dollars. Cette tendance remarquée à la baisse est imputée par les observateurs à un certain flou dans les évolutions géopolitiques. Mais aussi par les niveaux de production qui ne sont guère influés par les prévisions. «Le marché est de manière évidente dominé par une certaine confusion du fait d’informations équivoques, comme le fait que la Russie signale prudemment sa volonté de diminuer sa production, tandis que le patron de l’Agence internationale de l’Energie (AIE), Fatih Birol, appelle les producteurs à faire attention dans leurs coupes», ont expliqué les analystes de JBC. Les observateurs estimaient que la perte de plus d’un million de barils iraniens allait durement pénaliser un marché pétrolier déjà tendu et propulser le baril autour de 90, voire 100 dollars. C’est le contraire qui semble se produire. Le chef de l’AIE a déclaré qu’une «diminution significative de la production des principaux producteurs aujourd’hui pourrait avoir des conséquences négatives pour les marchés». Les marchés justement semblent s’installer dans l’incertitude. Le pic atteint, avec des sommets début octobre, semble révolu, les prix du pétrole ont baissé d’environ 25%. Ce qui a poussé l’Arabie saoudite à annoncer une réduction de sa production de 500.000 barils par jour et à appeler à une réduction de l’offre mondiale d’un million de barils par jour. Pour l’instant, la Russie reste dans l’expectative, attendant probablement une analyse plus approfondie sur l’offre et la demande avant d’opter pour une décision. Les pays de l’Opep et leurs partenaires à l’image de la Russie doivent se réunir à Vienne les 6 et 7 décembre prochain. L’objectif attendu de ce rendez-vous étant de décider du futur de leur accord de limitation de la production. Un accord qui sera irrémédiablement confronté aux contingences géopolitiques du moment. «L’escalade dans la dispute commerciale entre les États-Unis et la Chine», estime Benjamin Lu, analyste pour Phillip Futures, entraînera des «conditions d’échange agitées». Après une nouvelle passe d’armes entre les deux géants ce week-end, plusieurs analystes craignent qu’un accord ne soit hors de portée lors du G20 en Argentine, prévu à la fin du mois. Les tensions commerciales pourraient peser sur l’économie mondiale et, partant, sur la croissance de la demande mondiale d’or noir. Ce qui pourrait n’avoir qu’une conséquence : tirer les prix vers le bas.