Revoilà la Covid-19 et les menaces d’une quatrième vague sur le marché pétrolier !

Par Feriel Nourine
Face à une crise sanitaire qui est en train de se réinstaller par la forte hausse des contaminations dans de nombreux pays, notamment européens, le confinement s’est déjà imposé de nouveau faisant planer le spectre d’un nouveau recul de l’activité économique mondiale. Du coup, l’or noir se retrouve à évoluer face au risque d’une baisse de la demande et les prix suivent dans une tendance repartie à la baisse.
Après avoir rompu avec l’ascendant qui les a hissés à des sommets historiques, les prix du brut se mettent à afficher une régression incontrôlée. Vendredi, au dernier jour de la semaine, les deux références européenne et américaine sont même descendues à leurs plus bas depuis plusieurs mois. Vers la clôture, le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 78,47 dollars sur l’InterContinentalExchange, soir un recul conséquent de 3,41% par rapport à la clôture de la veille. Sur le New York Mercantile Exchange, le West Texas Intermediate (WTI) ne se portrait pas mieux, valant 75,67 dollars, en baisse de 3,49%. Sur la semaine, le Brent perdait plus de 4,26% contre 5,81% pour le WTI. En plus des confinements qui s’opèrent déjà en Europe et d’autres en voie de l’être, des analystes justifient cette pression sur les cours du brut par les rumeurs toujours persistantes d’un recours par les Etats-Unis à leurs réserves, ainsi que la montée en valeur du dollar, monnaie de référence dans le marché pétrolier. «Une combinaison de facteurs explique la pression sur les cours: la montée des cas de Covid et les confinements potentiels, les rumeurs et murmures sur un éventuel déversement coordonné d’une partie des réserves stratégiques de pétrole, et le dollar plus fort», a résumé Matt Smith, responsable de l’analyse pétrole pour le fournisseur de données spécialisé dans les matières premières Kpler. Pendant ce temps, un confinement général de la population a été annoncé en Autriche avec l’obligation de se vacciner et des mesures de restrictions resurgissent en Allemagne. «Cela fait baisser les prix, et c’est bienvenu pour l’administration Biden car cela devrait se répercuter sur le prix de l’essence à la pompe», a souligné l’analyste, ajoutant que la chute des cours «n’était que le reflet d’un sentiment d’inquiétude sans rien de concret». «Peut-être n’aura-t-on pas besoin de puiser dans les réserves» stratégiques, si la rumeur suffit à tempérer les cours comme le veut le gouvernement de Joe Biden, en butte à la montée générale des prix à la consommation aux États-Unis, a suggéré l’analyste. Vendredi, la Maison Blanche a lancé un nouvel appel à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires à augmenter considérablement leur production lors de la prochaine réunion de l’Opep+. Pour rappel, l’Opep+ avait fait la sourde oreille à l’appel du même genre qui lui avait été lancé par Joe Biden. L’alliance a, en effet, décidé de maintenir son supplément d’offre à 400 000 barils par jour pour le mois de décembre. Elle continue ainsi à faire jouer la carte de la prudence face à un marché toujours indécis, notamment sur le plan sanitaire. Ce qui est d’ailleurs en train de se vérifier ces derniers avec la recrudescence de la pandémie et la menace qu’elle fait peser sur le marché. Mais depuis hier, les Etats-Unis, premier producteur mondial, ne sont plus seul à évoquer, un éventuel recours à leurs réserves stratégiques pour calmer les prix et l’inflation galopantes que subissent les Américains. Le Japon brandit, à son tour, la menace de recourir à ses réserves. Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, a, en effet, déclaré hier que son gouvernement envisageait de puiser dans les réserves de pétrole en réaction à la hausse des cours du brut, a rapporté l’agence de presse Kyodo. Si cela devait arriver, ce serait la première fois que le Japon aurait recours à ses réserves stratégiques dans le but de faire baisser les prix, le pays ayant déjà pris une telle initiative pour faire face à des catastrophes naturelles et à des risques géopolitiques, rapporte Kyodo. L’administration Joe Biden a sollicité plusieurs pays grands consommateurs de pétrole, dont la Chine, l’Inde et le Japon, pour qu’ils envisagent de puiser dans leurs réserves dans le cadre d’une démarche coordonnée. «Nous réfléchissons à ce que nous pouvons faire, en partant du principe que le Japon se coordonnera avec les États-Unis et les autres pays concernés», a déclaré devant la presse Fumio Kishida, cité par l’agence Kyodo. <