C’est un bond significatif qu’ont connu aussi bien les contaminations au nouveau coronavirus (Covid-19) que les décès. La tendance haussière se confirme de plus en plus et le nombre de cas confirmés est en train de tendre progressivement vers les 600 cas par jour, ce qui rappelle la situation de l’été dernier, juste avant de voir la troisième vague faire des ravages sur plusieurs plans, notamment en termes de pertes de vies.PAR INES DALI
La quatrième vague dominée par le variant Delta mais qui compte également des cas du variant Omicron, est en train de «prendre ses aises», aggravant la situation épidémiologique du pays qui a enregistré, avant-hier mardi, 557 nouveaux cas confirmés (contre 482 la veille) et 14 décès (contre 10 la veille), alors que le nombre de ces derniers n’a pas dépassé ce niveau depuis plusieurs mois. Les malades graves augmentent également et ceux qui se trouvent en soins intensifs sont bien plus nombreux aujourd’hui qu’au début du mois.
De 27 patients en soins intensifs le 1er janvier, leur nombre est allé crescendo jusqu’à atteindre 39 lundi dernier.
Face à cette tendance haussière dont «personne ne peut prévoir la durée», de l’aveu du Pr Lyès Rahal, directeur des structures de santé au ministère de la Santé, il ne reste que «la prévention» pour contrer cette quatrième vague et atténuer les graves conséquences qu’elle pourrait engendrer si la situation venait à ne plus être maitrisée. La hausse des hospitalisations est l’une de ces conséquences.
«Il y a actuellement 4500 personnes hospitalisées. C’est vrai qu’il n’y a pas une augmentation brutale, mais personne ne peut rien prévoir», a-t-il affirmé, ajoutant que «nous avons la possibilité de gagner cette bataille, mais ce ne sera réellement possible qu’avec la collaboration de tous y compris nos concitoyens».
«L’acteur principal reste le citoyen. C’est lui le facteur déterminant dans cette lutte contre la pandémie», a-t-il insisté, avant préconiser de rester vigilants quant au respect des mesures barrières et d’aller se faire vacciner au vu de la situation actuelle où le constat est que «les chiffres sont en train d’augmenter», a-t-il averti.
Dans les hôpitaux des wilayas les plus touchées par la hausse des infections par le Covid-19, à l’instar d’Oran et d’Alger, les responsables s’inquiètent du nombre des cas d’admission dans un état critique et des décès.
«Malheureusement, chaque jour on compte un nombre de cas en hausse par RT/PCR, par tests antigéniques et par scanner. Par PCR, on dépasse les 85 cas par jour», a indiqué le directeur de la santé et de la population de la wilaya d’Oran, Youcef Boukhari.
Quant au nombre de décès, «nous sommes dans une moyenne de 5 décès par jour», a-t-il fait savoir, précisant que dans les deux hôpitaux dédiés au Covid à Oran, «il y a actuellement 310 personnes hospitalisées, dont une quinzaine seulement est vaccinée». Même constat pour les personnes qui n’ont pas survécu à la maladie. «Tous les patients décédés par le Covid n’étaient pas vaccinés», a-t-il regretté.
La situation n’est pas meilleure au niveau des hôpitaux de la capitale, où le plus grand Centre hospitalo-universitaire, le CHU Mustapha-Bacha, déplore également un nombre de décès important, selon son directeur des activités médicales et paramédicales, le Pr Rachid Belhadj, qui a annoncé «5 à 7 décès par jour depuis quatre ou cinq jours».
Vu l’état «dangereusement grave» des malades, l’hôpital procède à l’ouverture d’une nouvelle unité de prise en charge des urgences en oxygénothérapie, selon le même responsable qui attire l’attention que l’hôpital compte «128 malades hospitalisés qui désaturent tous de manière très sérieuse», expliquant que ces malades nécessitent une oxygénothérapie de plus de 15 litres».
En outre, en réanimation, il y a des malades qui compliquent dangereusement», a-t-il alerté, indiquant que le nombre de décès a augmenté ces derniers jours notamment concernant les personnes non-vaccinées, appelant, à son tour, la population à se protéger et mais aussi à se vacciner, surtout que le nouveau variant Omicron est, désormais, en circulation en Algérie.

Prochaine acquisition de 5 millions de doses de vaccins
Au moment où la situation est préoccupante, la non-vaccination continue d’avoir ses disciples. Les difficultés rencontrées pour faire adhérer le plus grand nombre de citoyens à l’acte vaccinal sont toujours d’actualité, en dépit des nombreuses campagnes de sensibilisation, mais, aussi et surtout, en dépit de ce que le pays a vécu lors de la mémorable troisième vague, avec son lot de manque d’approvisionnement en oxygène médical, de la tension sur certains autres médicaments et du manque de place dans les hôpitaux.
La vaccination n’arrive toujours pas à décoller alors que le pays dispose de suffisamment de millions de doses d’anticoronavirus pour contrer la pandémie et s’apprête à en acquérir d’autres prochainement. Le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie, le Pr Fawzi Derrar, l’a fait savoir, en indiquant que «l’Algérie recevra 5 millions de doses d’anti-Covid-19 dans les prochains jours».
Il s’agit de vaccins acquis dans le cadre du mécanisme Covax, a-t-il déclaré, hier, précisant que les premières doses de ce nouvel arrivage sont attendues pour la semaine prochaine.
Les cargaisons comprendront des un certain nombre de vaccins, dont Johnson&Johnson et AstraZeneca, selon le Pr Derrar, qui a appelé la population à saisir cette opportunité qu’offre la vaccination pour se prémunir contre
l’épidémie de Covid-19, surtout qu’il est avéré que les décès liés à cette infection sont enregistrés parmi des citoyens non vaccinés, a-t-il argumenté.
L’Algérie dispose déjà d’une quantité de «10 millions de doses en stocks actuellement», selon le directeur général de l’IPA. Cette quantité ne trouve toujours pas preneur en raison de la réticence qui persiste. C’est pourquoi le Pr Derrar en appelle à «la conscience» et au «sens de la responsabilité» de chacun. <