Il fallait réagir et d’aucuns diront que ce n’est pas trop tôt ! Le sujet est l’insoutenable dégradation du pouvoir d’achat des Algériens, constatée depuis plusieurs mois, et qui ne cesse, au fil des jours et des semaines, de se détériorer. Le fait qu’il ait été le principal thème du dernier Conseil des ministres donne un aperçu de l’urgence de penser à des solutions.
Deux faits sont donc à noter. Il a été décidé, à l’issue de cette réunion, de la réduction (pour les salaires) du taux de l’Impôt sur le revenu global (IRG) et de relever le point indiciaire de la Fonction publique. L’impact attendu est ainsi une hausse automatique des salaires des fonctionnaires et de tous les salariés.
Reste à connaître les détails de ces deux décisions qui, tel qu’indiqué dans le communiqué de la Présidence, devront être appliquées «immédiatement». De combien sera la réduction du taux ? De combien sera relevé le point indiciaire ? C’est en connaissant ces chiffres qu’il sera possible aux salariés de connaître leur impact sur le quotidien. En attendant d’y voir plus clair, les citoyens se sentent complètement désorientés par la flambée des prix des produits de première nécessité. Faire ses courses est de plus en plus appréhendé. A chaque fois, les (mauvaises) surprises sont au rendez-vous. Le fait que la tendance des prix est à la hausse à un rythme effréné rend le quotidien des familles des plus difficiles.
A défaut d’être soutenu et défendu par les députés et les sénateurs, les Algériens ne savent plus à qui s’adresser. La grogne étant bien là, quelques actions sont néanmoins signalées. C’est essentiellement sur le plan syndical qu’elles se manifestent, et comme d’habitude, ce sont les représentants du secteur de l’Education nationale qui montent au créneau. Pour le moment, il n’est encore question que de menaces. Si rien ne change, et si aucune amélioration n’est constatée, d’autres secteurs risquent de se «réveiller». Le calme constaté sur le front social depuis le début de la propagation de la Covid-19 pourrait être perturbé.