Le ministre de l’Energie Mohamed Arkab est optimiste quant à la possibilité d’une nouvelle entente entre les pays Opep et non Opep pour une stabilisation du marché et un retour à des cours à un niveau moins dangereux qu’il ne l’est actuellement pour les producteurs de pétrole, en particulier dont les économies en dépendent fortement comme l’Algérie.

M. Arkab a exprimé cet optimisme hier dans une déclaration à l’APS et à la radio nationale en le motivant par son pronostic selon lequel «les intenses contacts et discussions engagés» au sein de l’Opep élargie (Opep+) devraient aboutir à des résultats positifs. «D’intenses contacts et discussions ont été engagés, depuis lundi, avec les pays membres de l’Opep et non membres de l’Organisation en vue de rechercher les voies et moyens devant permettre de restaurer l’équilibre et la stabilité du marché pétrolier», a déclaré le ministre algérien, également président en exercice de l’Opep. Selon lui, les «mécanismes de dialogue» établis en 2016 à Alger gardent suffisamment de leur pertinence et de leur vigueur pour qu’ils soient préservés et servir à des nouveaux accords de remise à flot des cours du Brut. Il est donc toujours question de proroger les mandats du comité ministériel conjoint de suivi et du comité technique conjoint de l’Opep élargie. Et de tenter le tout pour le tout pour obtenir un nouveau consensus de maîtrise de l’offre avant le mois d’avril, délai à partir duquel, s’il n’est pas prolongé, chaque pays producteur sera libre de disposer comme il veut de sa production pétrolière.
«Je me suis entretenu avec le secrétaire général de l’Opep et nous sommes d’accord qu’en ce moment de crise profonde, il convient de maintenir le dialogue et la communication entre les pays Opep et non Opep, à tous les niveaux», a fait observer Mohamed Arkab, persuadé que «l’Algérie, en tant que pays frère et ami de l’ensemble des pays membres de l’Opep et non Opep, aura la facilité de s’entretenir et de chercher le consensus pour une action solidaire pouvant contribuer à stabiliser le marché», a-t-il dit.

«Optimistes»
La démarche de l’Algérie visant à renouer le dialogue s’impose, a tenu à préciser M.
Arkab, laissant entendre que notre pays est aujourd’hui en situation de réussir un remake de l’automne 2016 et relever le défi de remettre tous les acteurs concernés autour d’une table de négociations pour relever le défi d’un retour à un prix du baril acceptable. Un sérieux défi quand on observe la concurrence qui va au-delà de la question économique entre l’Arabie Saoudite et la Russie, ces deux poids lourds qui ont décidé de briser le consensus de 2016. Quand on constate également les dégâts du coronavirus, la crise sanitaire mondiale qu’il a provoquée et l’impact sur les économies.
«Nous sommes optimistes de parvenir à un consensus au sein des pays Opep et non Opep pour une diminution de la production afin de réduire les stocks actuels, d’autant plus que les prévisions de croissance de la demande pétrolière sont fortement révisées à la baisse», a fait observer le ministre algérien de l’Energie qui s’est félicité des déclarations tenues mardi par le ministre russe de l’Energie. Alexander Novak a indiqué que son pays continuera à coopérer avec l’Opep en dépit du fait que l’Accord de réduction de la production n’ait pas été prorogé au-delà du mois de mars.
Il est «nécessaire» de maintenir le dialogue et la communication entre tous les pays Opep et non Opep à tous les niveaux, a insisté M. Arkab. «L’Algérie, qui présidera la Conférence de l’Opep jusqu’à fin 2020, poursuivra son rôle et œuvrera à maintenir une coopération effective entre l’ensemble des pays» de l’Opep élargie, s’est-il engagé.<