Après ceux deConstantine et Tizi-Ouzou, c’est au tour des boulangers de la ville de Béjaïa d’envisager de passer à l’action enaugmentant le prix de la baguette de pain ordinaire à 15 DA au lieu du 10. Et cela à partir du 12 février prochain. Autant dire que la colère est montée d’un cran chez les artisans boulangers clamant qu’ils ne peuvent plus continuer de travailler à perte et surtout en ne voyant rien venir de concret de la part de la tutelle qui puisse les rassurer sur le devenir de leur activité.

Par Bouzid Chalabi
Il y a lieu de rappeler de prime abord que les rencontres entre les représentants de la corporation des artisans boulangers, l’Anca et l’UGCAA et le ministère du Commerce se sont multipliées ces dernières semaines sans pour autant déboucher sur des décisions concrètes si ce n’est que «le gouvernement a pris acte de leur doléances et qu’il ne tardera pas à se prononcer sur leur situation en prenant des mesures concrètes sur le terrain», les a-t-onrassuré.
Depuis la dernière réunion à la mi-janvier 2022,c’est le silence radio. Cependant, selon Omar Ameur, président de la Fédération des artisans boulangers affiliée à l’Association nationale des commerçants algériens (Anca), la chefferie du gouvernement s’est enfin manifestée à travers une instruction qui leur a été adressée lui demandant «d’établir avec exactitude le prix de revient actuel d’une baguette de pain et de faire suivre au Premier ministre dans les plus brefs délais», nous a-t-il appris hier. Qualifiant cette initiative «de très louable, voire même un indice fort, quele gouvernement se penche avec beaucoup de sérieux sur le dossier des artisans boulangers». Mais il espère qu’une solution soit trouvée au plus vite dans le sens où «il nous est de plus en plus difficile de contenir la colère des boulangers depuis que certains ingrédients ont connu une hausse de leur prix notamment la levure qui a connu une augmentation exorbitante», nous a-t-il confié.Comme il a tenu àpréciser à propos du prix de revient actuel de la baguette de pain ordinaire de la baguette qu’«il est de 14,60 DA c’est pourquoi nous demandons àce que le prix de vente passe à 15 DA afin tout au moins de ne pas travailler à perte et de pouvoir ainsi se maintenir en activité. C’est tout ce que nous demandons». A propos de la mauvaise qualité du pain comme soulevé ces jours-ci sur les réseaux sociaux, il est très souvent reproché aux boulangers «de demander une augmentation du prix de la baguette de pain»«qu’ils pensent d’abord à produire du bon pain et non pas de la baguette qui devient immangeable cinq heures après être sortie du four», lit-on. Notre vis-à-vis se défend par ces termes : «Si le pain est de mauvaise qualité, c’est dû à la piètre qualité de la farine qu’on nous livre.»
Soulignons par ailleurs que face à cette situation et à la veille de la reprise des écoles, il devient tout à fait indiqué que les autorités interviennent ne serait-ce que pour rassurer les boulangers que des solutions à leur problème sont à la veille d’être décidées. Dans le cas contraire, il est à craindre que la colère des boulangers se propage dans d’autres wilayas.
Notons enfin qu’à la suite de la déclaration des boulangers de Béjaïa, soit d’augmenter leur prix ou de réduire le poids de la baguette de pain, l’Associationnationale pour la protection des consommateurs et de son environnement (Apoce) a réagi sur sa page facebook. L’Apoce a, en effet, dénoncé de tels agissements. Considérantque «cela va entraîner une augmentation de 80 % du prix de la baguette par rapport à ce qu’il est actuellement», est-il mentionné. Ce faisant, l’Association a appelé «les boulangers à être prudents et sages et à donner la priorité à l’intérêt public dans cette étape difficile que traverse le pays». Elle exprime également «sa pleine disponibilité à continuer à accompagner les boulangers jusqu’à obtenir une marge bénéficiaire légitime sans nuire au pouvoir d’achat des familles nécessiteuses», conclut l’Apoce.