Le président américain Donald Trump est plus que jamais entré dans une phase de confrontation tous azimuts avec ses partenaires mettant sous pression son propre camp 

face à ses adversaires traditionnels qui semblent regarder avec perplexité un locataire
de la Maison-Blanche au style bien particulier.

Le dernier bras de fer engagé par Trump est celui avec son allié turc membre de l’Otan soumis à une pression commerciale difficile. La Turquie qui subit un chantage politique dur de la part de Washington tente de se sortir du guêpier US avec ses propres moyens. L’émir du Qatar est parti en Turquie hier pour rencontrer son allié le président Recep Tayyip Erdogan, signe d’un soutien de Doha à Ankara en pleine crise diplomatique avec Washington. Le Qatar s’est considérablement rapproché de la Turquie depuis le début d’une crise diplomatique qui l’oppose à l’Arabie saoudite et d’autres pays arabes. Doha entretient aussi des relations étroites avec les Etats-Unis d’où l’embarras dans lequel pourrait se retrouver le Qatar s’il veut soutenir financièrement son allié turc. Une assistance directe aux banques turques pourrait être considérée par Washington comme une bravade envers sa politique. Le Qatar en difficulté face à l’embargo imposé par son voisin saoudien ne pourrait pas risquer ses relations avec les Etats-Unis sur lesquelles il compte beaucoup pour l’aider à dépasser sa crise actuelle avec ses voisins. 

Pékin porte plainte auprès de l’OMC

La Turquie a été secouée ces derniers jours par une forte dévaluation de la valeur de sa lire après que le président américain eut annoncé que Washington doublait les droits de douane sur l’aluminium et l’acier turcs. Erdogan a, pour sa part, appelé au boycott des produits électroniques américains. Ces décisions ont été annoncées sur fond de crise diplomatique entre Washington et Ankara à propos notamment de la détention d’un pasteur américain. Le Qatar dispose de 20 milliards de dollars d’investissements en Turquie. La Turquie a apporté un fort soutien au Qatar en 2017 quand ce petit mais richissime émirat gazier a été soumis à un boycott de la part des Saoudiens et de ses alliés, qui lui reprochent ses liens avec les Frères musulmans. La Turquie dispose d’une petite base militaire au Qatar. La Turquie a fortement augmenté les tarifs douaniers de plusieurs produits américains, en représailles à la politique agressive de Washington et la mise sous pression de sa monnaie fragilisée par les taxes imposés sur l’aluminium et l’acier. Cette crise avec la Turquie arrive juste après l’annonce de nouvelles sanctions visant l’Iran. Des sanctions qui ne recueillent pas l’adhésion de l’Europe créant un grand malaise entre les alliés. D’un autre côté, Pékin a porté plainte auprès de l’OMC au sujet des droits de douane américains sur les panneaux solaires importés de Chine et les subventions accordées par les Etats-Unis à leurs fabricants américains, à l’heure où s’exacerbe la guerre commerciale entre les deux puissances. La Chine a déposé mardi une plainte contre les Etats-Unis dans ce dossier du solaire auprès de l’Organisation mondiale du commerce. Pékin assure désormais suspecter ces mesures américaines de violer les règles commerciales internationales et se dit résolu à se tourner vers le mécanisme de règlement des différends de l’OMC pour défendre ses intérêts. Cette stratégie de confrontation du président américain pourrait bien s’avérer périlleuse pour les Etats-Unis qui risquent de se fragiliser en poussant ses alliés traditionnels à se retourner vers d’autres blocs économique et politique pour échapper à la pression.