Invité hier de la rédaction de la Chaîne III, de la Radio nationale, Mustapha Mekidèche, vice-président du Conseil national  économique et social (Cnes), a insisté sur l’impossibilité d’échapper à des sacrifices pour maintenir l’économie nationale à flot. «Il y aura un prix à payer», a-t-il assuré.

D’autre part, le responsable du Cnes a rappelé la nécessité de revoir le système de subventions. Le soutien économique de l’Etat à travers sa politique de subventions des prix doit «être mieux réparti». «Il faut cibler les soutiens de façon plus précise de sorte que n’en bénéficient que ceux qui en ont réellement besoin, dont le revenu nécessite cela», a-t-il prôné, non sans rappeler que les différentes taxes mises en place par la loi de finances 2017 ne touchent pas les produits de première nécessité. Malgré cela, «certains commerces en ont profité pour augmenter des prix non touchés par la loi de finances. Il faut faire un travail pédagogique», pour expliquer aux populations les changements réels engendrés par la LF 2017. «Du fait de la désorganisation du marché», des agents économiques ont renchéri «indûment» sur les prix de certains produits de base qui n’étaient pas concernés par l’augmentation de la TVA», a-t-il
dénoncé. Mekidèche a également rappelé le contexte économique délicat que traverse l’Algérie, à l’instar de la globalité des pays.
Ce qui réduit les budgets de l’Etat au moment où le pays entame une transition énergétique, économique et budgétaire. Selon lui, la tâche est plus difficile pour le gouvernement dans sa gestion économique. «Il va falloir trouver des financements alternatifs et maintenir, si nom diminuer, le train de vie de l’Etat en termes de dépenses du personnel et de fonctionnement, en général, pour maintenir un déficit qui peut être financé d’une manière ou d’une autre», a indiqué le vice-président du Cnes.
Le gouvernement a non seulement fixé les objectifs économiques de l’année 2016 mais également, faut-il le rappeler, les objectifs de 2018 et 2019. «Cette nouvelle vision budgétaire sur trois ans fixe un plafond de dépenses, qui ne doit pas être dépassé, autour de 6 800 milliards de dinars». La loi de finances 2017 a mis en place «une fiscalité pétrolière assise sur un baril de brut à 50 dollars», a rappelé Mustapha Mikidèche pour qui il est nécessaire de trouver le chemin pour éviter au pays un impact social trop élevé tout en maintenant les équilibres macro-financiers sur cette perspective triennale. Pour l’invité de la Chaine III, les nouvelles tarifications des produits pétroliers peuvent revêtir certains avantages, cela poussera notamment les consommateurs à moins polluer et «encouragera à utiliser une énergie plus propre». Le GPL va, en effet, «connaître une plus large consommation que dans le passé, ses prix restent compétitifs. Je pense que les personnes qui possèdent un véhicule ou qui comptent en acheter un, passeront au GPL», augure-t-il. Le prix du gasoil reste, en effet, selon Mekidèche, 4 ou 5 fois moins élevé que dans pratiquement l’ensemble des pays en Afrique, en Europe ou en Asie. Cela permettra de «corriger les dysfonctionnements de notre modèle de consommation et c’est une bonne chose pour la transition énergétique», conclut-il.