Abderezak Makri a chargé le courant dit « extrémiste laïc», qui aurait été à ses yeux à deux doigts de contrôler
« le cœur du pouvoir », au détriment, bien entendu, de son mouvement qui serait favorable depuis toujours à un « Etat civil ». Un courant dont l’objectif serait même de « monopoliser » le Hirak, selon le chef du MSP. Cette posture, somme toute classique de la part d’un responsable politique d’un parti de l’obédience islamiste, n’est pas pour étonner. Il est notoire de vouloir accuser les autres de manigancer dans l’ombre pour paraître comme celui qui défend le plus grand nombre. Celui qui représente « le plus » le mouvement populaire qui attend toujours le vrai changement. Mais cette attitude tactique n’est pas sans risque sur un mouvement de revendication populaire en mal de représentation. Le mouvement de contestation populaire, qui a entamé depuis quelques semaines sa deuxième année, reste une nébuleuse hétéroclite, difficile à décomposer. Ce bouillonnement à l’intérieur du Hirak, véritable concentration des courants et opinions divers, pourrait faire évoluer les lignes. Il s’agit de passer vers des positionnements offensifs davantage en adéquation avec la nouvelle réalité actuelle. Les mouvements et opinions qui traversent le Hirak semblent, aujourd’hui, même si rien n’est encore clair, partagés face au pouvoir qui voudrait mettre les conditions idoines pour organiser sereinement l’amendement de la Constitution. Et aussi organiser des législatives devenues impératives à cause de la fragilisation de l’actuel Parlement. Il reste particulièrement difficile de dresser une véritable topographie d’un mouvement populaire formidable qui est passé probablement par des phases d’évolution multiples depuis son éclatement du temps de Bouteflika. Et, il est évident que les postures extrémistes à l’intérieur de la sphère politique nationale ne feraient que déstabiliser davantage une opposition qui se trouve plus que jamais en mauvaise posture.