PAR NAZIM B.
Extradé samedi par les autorités espagnoles, l’ancien gendarme Mohamed Abdallah (33 ans) a été présenté hier devant le procureur de la République près le Tribunal Sidi M’hamed qui a ordonné sa mise sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach.
Les choses se sont ainsi accélérées dans cette affaire dans laquelle l’accusé est poursuivi pour plusieurs griefs, notamment appartenance à groupe armé terroriste, atteinte à la sécurité de l’Etat, financement d’une organisation terroriste, blanchiment d’argent d’une organisation criminelle. L’affaire Mohamed Abdallah a pris une nouvelle tournure depuis vendredi dernier quand le concerné s’est vu signifier par l’administration ibérique l’interdiction de lui renouveler son titre de séjour de six mois, qui venait d’expirer et de le transférer vers un centre de rétention administrative pour migrants illégaux à Barcelone. Il a été acheminé samedi vers le port de Ghazaouet à bord d’un navire dans lequel sont embarqués également une trentaine de harraga algériens expulsés d’Espagne. Mais le grand virage dans le traitement par les autorités algériennes du cas de l’ancien gendarme, qui exerçait à Tébessa, a été enclenché au mois de mars dernier quand Mohamed Abdallah a fait partie des noms de cyber activistes contre lesquels a été émis un mandat d’arrêt international. Il s’agit de l’ancien gendarme, de Larbi Zitout, Aboud Hichem, Amir DZ, de son vrai nom Boukhors Amir, alors qu’un mandat de dépôt a été requis contre Mansouri Ahmed, selon ce qu’a annoncé, au printemps dernier, le Procureur de la République près le Tribunal de Bir Mourad Raïs.
La juridiction algéroise avait souligné, dans sa communication, certains détails dans le traitement judiciaire de l’affaire, désignant un réseau de financement d’activités subversives en liaison avec le mouvement Rachad d’obédience islamiste, avant même que ce mouvement ne soit classé «organisation terroriste».
«Conformément aux dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le Procureur de la République près le Tribunal de Bir Mourad Raïs porte à la connaissance de l’opinion publique les faits d’une grave affaire pénale d’atteinte à l’ordre public, à la sécurité et la stabilité du pays». Une affaire «en cours de traitement judiciaire après de profondes investigations menées pendant plusieurs mois ayant permis d’identifier ses commanditaires, parmi eux des activistes sur la toile», est-il précisé par le procureur. Ce dernier a mentionné qu’il s’agit de l’affaire du dénommé M. A. (Mohamed Abdallah) qui «utilisait des documents falsifiés pour retirer des pièces d’identité, des documents de voyage», ajoutant que l’accusé «a également créé des sociétés qui lui ont permis de bâtir un réseau de financement d’activités subversives à travers le mouvement Rachad». Le communiqué du procureur relevait que «parmi les commanditaires figure le nom de Zitout Mohamed Larbi au sujet duquel les investigations ont prouvé plusieurs rencontres avec le dénommé M. A. dans des pays voisins, où il a reçu des sommes importantes utilisées sous le couvert de sociétés pour le financement des activités secrètes du mouvement Rachad, notamment la location de biens pour abriter les réunions dudit mouvement». Le Procureur de la République avait noté, par la même occasion, que Mohamed Abdallah «était membre d’un parti dissous au début des années 90, qui a rejoint les groupes terroristes et a été condamné, en 1994, à la peine capitale avant de bénéficier des dispositions de la Concorde civile». L’activité commerciale de Mohamed Abdallah consistait dans «l’importation et l’exportation de pièces détachées des imprimantes et d’achat et de vente de véhicules», a encore ajouté le communiqué du procureur, lequel a souligné une «société créée et financée par les fonds versés par Zitout Mohamed Larbi à travers un pays du voisinage d’un montant global de plus de 50 000 USD». Indiquant que cette somme a été «introduite sur le territoire national par des trafiquants activant au niveau des zones frontalières», le communiqué a noté que «certains bénéfices ont été transférés vers les comptes personnels de Zitout Mohamed Larbi par d’autres intermédiaires, dont certains de nationalité étrangère, avec lesquels il a pris contact via les réseaux sociaux». <