Par NAZIM BRAHIMI
Une semaine après avoir décidé de prendre part aux élections locales du 27 novembre prochain, le Front des forces socialistes (FFS) a fait part de sa «grande inquiétude» au vu des «arrestations arbitraires» enregistrées ces dernières semaines, exigeant l’instauration d’un «climat calme et serein». Le parti exige la libération de tous les détenus d’opinion.
«Le FFS suit avec une grande inquiétude le retour des arrestations arbitraires qui touchent de nombreux militants politiques, de défenseurs des droits humains et des journalistes», a indiqué le parti dans un communiqué, dans lequel il dénonce ce qu’il lit comme «le recours systématique à la gestion sécuritaire des affaires de l’Etat pour contrer les aspirations populaires à la liberté, à la dignité et à la justice sociale».
La formation regretté Aït Ahmed dit s’interroger sur «le timing de cette escalade sécuritaire et judiciaire, d’autant plus que le pays est à l’aube d’élections locales, qu’il aurait été plus approprié d’encourager en adoptant un certain nombre de mesures d’apaisement capables de rétablir la confiance et d’instaurer la sérénité dans la société». C’est pour toutes ces raisons que le FFS réitère son «exigence pour la libération de tous les détenus d’opinion et la cessation immédiate des atteintes aux libertés individuelles et collectives et l’ouverture des champs politiques et médiatiques». Pour le plus vieux parti de l’opposition, «l’adoption de l’approche du tout-sécuritaire pour faire face à la crise politique ne fera que creuser davantage le fossé de la confiance, alimenter les tendances extrémistes et augmenter la tension, ce qui aggravera encore la situation».
Estimant que notre pays fait face à une situation difficile et aborde d’énormes défis à tous les niveaux, le FFS considère que l’Algérie «a besoin de sagesse et l’instauration d’un climat de calme et de sérénité afin que nous puissions préparer les conditions propices à un dialogue national global en mesure de mettre fin à la crise nationale et ouvrir la voie pour la construction d’un Etat de droit et de liberté». Le FFS conclut son communiqué, signé par son premier secrétaire, Youcef Aouchiche, en appelant à «la vigilance et à la lucidité et de ne pas se laisser entraîner dans les manœuvres visant l’Algérie et son peuple, quels que soient leurs auteurs et leurs origines». La semaine passée, et au lendemain de la décision du Conseil national du parti de participer aux élection locales, M. Aouchiche a déclaré que le FFS est «conscient» que ce rendez-vous se tiendra dans ce qu’il a considéré comme «un contexte piège», estimant que «les conditions pour un scrutin libre et transparent ne sont pas réunies», pointant notamment «les atteintes aux libertés».
Le même responsable a ajouté, à cette occasion, qu’en dépit «d’une situation politique exécrable», le parti a retenu l’option de la participation pour «faire échec aux aventuriers» et barrer la route «aux promoteurs des extrémismes», critiquant les «positions préétablies».
Selon Hakim Belahcel, de l’Instance présidentielle du FFS, la décision de participer à cette échéance a pour but «d’empêcher les clientèles du pouvoir et les affairistes de torpiller le seul espace démocratique, malgré ses limites et les entraves, auxquelles sont confrontées populations». <