Une période «fascinante et angoissante» qui résonne avec notre époque: l’exposition qui s’est ouverte mercredi au Centre Pompidou à Paris propose une plongée dans l’Allemagne des années 20 et le courant artistique et culturel qui l’a traversée avant l’arrivée au pouvoir des nazis. D’Otto Dix à Jeanne Mammen et une vingtaine de femmes artistes, de Christian Schad à Alfred Döblin, Fritz Lang ou Bertolt Brecht, 900 oeuvres et documents sont exposés. Tous témoignent de ce courant appelé «Nouvelle objectivité» (Neue Sachlichkeit) qui pose un regard froid, distant, austère et dépourvu de toute subjectivité sur la réalité», explique à l’AFP Florian Ebner, commissaire de l’exposition avec Angela Lampe. Présentés en sections thématiques, ces oeuvres «dialoguent avec le travail d’un monument de la photographie allemande, August Sander», auteur d’une classification normative de la société, ajoute le commissaire. «La +Nouvelle Objectivité+ va devenir un slogan général du +Zeitgeist+ (l’esprit du temps) fondé sur la rationalité, la standardisation et l’utilité.
Elle gagne tous les secteurs de la société, divisée et polarisée», précise-t-il. Après la Grande Guerre (1914-1918) «les valeurs se sont effondrées, les élites de l’empire allemand ont échoué et la jeune République de Weimar cherche à survivre en se détournant de toute fausse subjectivité», ajoute ce spécialiste.