C’est à Bou Saâda que les objectifs des photographes prenant part à l’exposition ont immortalisé les instants de la vie quotidienne des habitants de cette ville paisible située à la porte du désert algérien. Organisée par la Délégation de l’Union européenne en Algérie, l’exposition intitulée «Regards croisés» s’ouvre aujourd’hui à la galerie Mohamed Racim, à Alger

PAR T. GACEM
Cette exposition vise deux objectifs principaux : «Le premier est de montrer le soutien de l’Union européenne à la jeune photographie en Algérie, de favoriser et de stimuler l’échange artistique entre les passionnés de l’art en général et de la photographie en particulier», a déclaré, hier, Thomas Eckert, ambassadeur chef de la Délégation de l’UE en Algérie. Il a, cependant, regretté que des photographes européens n’aient pas pu prendre part à cet événement «en raison des restrictions sanitaires», car cette exposition, comme les deux précédentes, a-t-il ajouté, «constitue généralement une rencontre conjointe entre participants algériens et européens». Il s’est, par la suite, réjoui qu’»après deux années de gel de la vie artistique, nous avons néanmoins trouvé dix résidents bouillonnant de créativité et avides de pratiquer leur art» Le deuxième objectif visé par les organisateurs est de «mettre en valeur l’héritage et la créativité qui sont une richesse absolument fascinante pour le pays dans tous les domaines culturels», a souligné Thomas Eckert, lors d’une conférence de presse tenue dans l’enceinte de la galerie Mohamed Racim où les photographies ornent déjà les murs. L’exposition met à l’honneur 120 œuvres photographiques produites dans le cadre de la «3e Résidence des photographes» qui a réuni, dans la ville de Bou Saâda, du 21 au 28 octobre dernier, dix artistes photographes venus de huit wilayas du pays et encadrés par trois photographes professionnels, à savoir Nora Zair, Liasmine Fodil et Mehdi Hachid, et par le directeur artistique de la «Résidence regards croisés» Reslane Lounici. «La première édition s’est tenue en 2011 à Alger, la deuxième en 2015 à Constantine et pour la troisième, nous avons déposé nos valises à Bou Saâda en octobre dernier, où nous sommes restés huit jours, entre apographes et formateurs, pour découvrir la ville», a déclaré le directeur artistique. Tous les soirs, des discussions et des échanges étaient organisés, lors desquels chacun faisait part de son expérience. Tous les soirs également, des photographies étaient sélectionnées jusqu’au dernier jour qui s’est soldé par la sélection de vingt photos par photographe, selon les explications de Reslane Lounici qui, avant le début du travail, avait donné les lignes directrices et l’objectif du travail attendu. Parmi les vingt photos sélectionnées, certaines ont été choisies pour l’exposition, tandis que les autres ont été retenues pour être publiées dans un livre édité dans le cadre de l’événement «Résidence regards croisés». «Le fruit de cette créativité a donc donné lieu à la production d’un livre d’art regroupant les travaux des résidents» sous la direction de Reslane Lounici. Pour lui, «ce projet a été une sorte de montagnes russes émotionnelles pour toute l’équipe artistique. Le choc de la rencontre avec la ville a vu son onde se répercuter dans le travail de chacun». Ce qui fait qu’»il a été très difficile par la suite de faire un choix d’œuvres tant la production a été prolifique», a-t-il affirmé, poursuivant que «le challenge initial a été de croiser des regards d’artistes du même pays qui ont pratiquement les mêmes influences et le même background mais, au final, la variété de sujets qu’a offert Bou Saâda a construit un terreau fertile pour créer à plusieurs». Les photographes exposants sont Youcef Senous, Ahmed Mezagui, Rabab Djebbar, Djilali Rahou, Nassima Baâziz, Sofiane Chemchem, Leila Karkouche, Akram Menari, Selma Djerdjar et Khaled Mecheri. L’exposition qui vise à promouvoir l’échange interculturel et les échanges artistiques entre les passionnés du 3e art est ouverte au public du 3 au 23 mars 2022.