Avec deux ans de retard dû à la pandémie, l’artiste espagnole Cristina Iglesias, connue pour ses installations spectaculaires, est de retour à Londres, avant une exposition à New York le mois prochain. La galerie d’art contemporain Gagosian accueille cinq de ses oeuvres depuis samedi et jusqu’au 30 juillet, dont «Litoral» (littoral). Liée à sa série «Pozos» (puits), cette oeuvre en bronze coulé forme une seule grande pièce concave, dont l’intérieur est parcouru d’un mince cours d’eau. «Elle partage avec les puits l’idée de regarder vers le bas, d’attendre que quelque chose change, que quelque chose se produise à nouveau», a expliqué la sculptrice à l’AFP. L’artiste de 65 ans, qui travaille avec de très nombreux matériaux, présente également deux créations issues de la série «Entwined» (entrelacés), réalisées en 2022, et «Growth» (2018), une énorme structure en aluminium fondu et soudé à la main avec des incrustations de verre soufflé, composée de quatre parties disposées en cercle qui s’élèvent vers le ciel. Les formes et textures extravagantes de ses oeuvres «combinent l’abstrait et l’artificiel avec le naturel, ce ne sont pas des structures naturelles, ça n’imite pas la nature mais crée quelque chose qui est en quelque sorte assez monstrueux, extrême et bizarre», souligne la commissaire de l’exposition, Louise Neri. Londres a une signification très particulière pour Cristina Iglesias, qui y a étudié l’art et notamment la sculpture dans les années 1980 et rencontré son mari -le sculpteur madrilène Juan Muñoz, décédé en 2001. Son fils Diego y vit actuellement. Elle fut en 2020 la première artiste plasticienne à recevoir le prix d’architecture de la Royal Academy of Arts, à Londres. Cette célèbre école lui a ensuite commandé une installation immersive pour sa cour centrale, qui devrait être inaugurée le 6 juin. Baptisée «Humid Labyrinth Room (with Spontaneous Landscape)» («pièce du labyrinthe humide (avec paysages spontanés)»), cette oeuvre se compose d’un pavillon octogonal en ardoise noire qui renferme un labyrinthe dont les murs ruissellent d’eau, avec des miroirs en acier inoxydable. Le Covid-19 a retardé son inauguration et a également contraint l’artiste à la modifier: «j’avais créé des endroits très étroits où les gens pouvaient se retrouver mais avec le virus ce n’était plus possible et il a fallu prévoir des espaces permettant la distance sociale», a-t-elle raconté. L’artiste qui vit à Madrid, inaugurera aussi le 1er juin une immense installation au Madison Square Park, à New York, son premier grand projet d’art public temporaire aux Etats-Unis. Cette création intitulée «Landscape and Memory» (Paysage et mémoire) suit le tracé originel d’un affluent du fleuve Hudson qui parcourait autrefois Manhattan et passait dans Madison Square Park. L’exposition durera jusqu’au 4 décembre.