Organisé par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), et proposé depuis le 8 mars dernier en célébration de la Journée internationale de la femme, l’espace de la villa Dar Abdelatif (El Hamma) propose, jusqu’au 21 mars prochain, l’exposition de photographie intitulée «La femme dans la société touarègue».

Cette collection, fruit de plusieurs années de travail, réunit une cinquantaine de clichés signés du photographe Sid-Ahmed Menasria, qui a ainsi fait le choix de porter son regard sur la beauté et la richesse des traditions de la région de Djanet. Ceci, en présentant notamment des portraits de femmes touarègues, une mise en avant de la richesse et de la préservation des traditions de Djanet et de la célèbre Sebiba, ou encore un retour sur la sauvegarde des ksour et la transmission des coutumes aux jeunes générations.
Le photographe exposant signe, ainsi, sa première exposition individuelle, après plusieurs participations à des salons et manifestation dédiés à la photo, à Alger, Miliana et Biskra notamment, où il avait déjà consacré ses efforts à « la Casbah, aux mosquées d’Algérie, ainsi qu’à l’architecture et aux expressions culturelles». La photographie étant pour Sid-Ahmed Menasria une passion remontant à l’enfance. «Mon histoire avec la photo remonte même à mon enfance, quand un cousin avait apporté un appareil photos Zenit, cela m’avait passionné. Les photos que je prenais étaient réussies et je me rappelle que mon entourage m’encourageait à continuer» ; nous confie-t-il.
A propos de l’exposition « La femme dans la société touarègue », il nous précise que c’est une occasion pour lui de réunir un travail réalisé sur plusieurs années. Notamment, lors de deux voyages, en 2017 et 2019, à l’occasion de la fête de la Sebiba de Djanet. Il nous confie à ce sujet que « la Sebiba est comme un voyage dans le temps. J’ai vu une population qui préserve ses traditions (…) C’est peut-être ce qui a le plus attiré mon attention, les tenue, les danses… »
Concernant l’un des éléments centraux de la collection, mis en avant par l’artiste photographe, soit une vingtaine de portraits de femmes, Sid-Ahmed Menasria nous confie que « c’est venu naturellement, d’autant plus que l’exposition a coïncidé avec la célébration du 8 mars. Ces portraits sont dédiés à la femme targuie, à son courage, à sa noblesse et à l’amour qu’elle porte aux siens ». Soulignant qu’«avec ses photos, j’aimerais vraiment insister sur le respect que je porte à la culture de cette région difficile de l’extrême sud algérien. J’ai rencontré des personnes qui comprennent ce qu’est la vie et ce qu’est l’amour de l’autre».
L’exposition, qui présente, par ailleurs, plusieurs photos en noir et blanc, mettant en scène des hommes en costume traditionnel, des enfants, des moments de fêtes, ou encore d’apprentissage où l’on voit de jeunes enfants initiés aux traditions… Il s’agit des prises de vue sans « préparation » partageant la réalité d’une communauté, nous explique en substance l’artiste.
Sid-Ahmed Menasria, notamment connu comme céramiste, ayant pris part à d’importants projets de restauration de monuments historiques, propose également à l’occasion un « témoignage » sur la situation de certains monuments à travers une collections dédiée aux Ksour de la région. Précisant à leur propos : « On parle souvent des programmes de restauration. Mais, personnellement, je n’ai vu que deux sites qui ont été restaurés Je crois que le problème est le même à la Casbah d’Alger, les ksour à Djanet, à Biskra ou Tébessa… et pourtant, nous avons des entreprises capables de le faire. Le travail qui a été fait à la villa Abdelatif en est la preuve ».
Remerciant également les responsables de l’Aarc pour l’organisation de l’exposition, l’un des objectifs de l’artiste est aujourd’hui de transmettre son savoir. « J’aimerais que l’exposition voyage, qu’elle soit présentée au plus grand nombre de personnes possible (…) En fait, je souhaiterais même organiser des ateliers à destination des jeunes photographes», a-t-il indiqué.