Né de la rencontre de deux associations : l’Association marocaine Afrikayna et l’Association camerounaise Sandja, lors de la première édition du Forum africain de la musique (AMF), organisé en septembre 2016 à Ségou au Mali, le projet «Vers la valorisation des instruments traditionnels d’Afrique», a été présenté lors de la quatrième édition de Visa For Music (du 22 au 25 novembre dernier), dans le cadre d’une exposition de photographies de quelques instruments du continent.

Selon la présentation du projet, «le travail mené par l’Association Sandja pour la collecte et la valorisation des instruments traditionnels d’Afrique a fait écho aux objectifs et vision de l’Association Afrikayna». Car, «la valorisation de ses instruments est une nécessité pour le renforcement de la chaîne de transmission de ces savoirs souvent menacés d’extinction, et pour maintenir en vie et garder en mémoire ce que nos ancêtres ont transmis de siècle, de génération en génération», souligne-t-on encore. L’exposition, conçue en partenariat avec Sandja et Visa For Music, présente quatre familles d’instruments de musique traditionnelle : membranophone, cordophone, aérophone et idiophone, où il est précisé le pays d’origine et les matériaux utilisés pour leur fabrication, et parfois leurs dimensions. Prenant son point de départ de Visa For Music, une tournée de collecte et de recherches, qui a démarré le 27 novembre et se poursuivra jusqu’au 10 décembre, mène les membres de ce projet «la rencontre des musiciens et des communautés artistiques». Cela aboutira, «in-fine à la constitution d’une bibliothèque vivante d’instruments traditionnels, de leur histoire, évolution, matériaux… qui viendrait compléter l’existant des démarches similaires, mais rares entreprises sur le reste du continent», est-il précisé sur la présentation. Par ailleurs, l’Association Sandja a été créée en février 2001 à Douala. Elle a pour objectif «la promotion des expressions originelles et spécifiques des culturelles du Cameroun et d’Afrique, ainsi que la valorisation de projets nationaux et internationaux œuvrant dans le même sens de la sauvegarde et de la protection des expressions culturelles menacées». De son côté, Afrikayna est une association marocaine, créée en mai 2013, qui œuvre pour l’échange interculturel, le développement et la coopération en Afrique. 

Depuis janvier 2016, l’Association a créé le projet Africa Art Lines, un fonds d’aide à la mobilité artistique, «ouvert aux artistes et opérateurs vivant et travaillant à l’intérieur du continent et aux projets en lien avec le Maroc». Pour rappel, la formation algérienne Lemma de Souad Asla a postulé pour ce fonds en 2016, et en a bénéficié pour prendre part au Festival de Hadra féminine d’Essaouira (Maroc).