La galerie «Le Paon», située à l’Office Ryadh El Feth (Oref) organise, depuis samedi dernier, une exposition collective regroupant  une trentaine d’artistes plasticiens autour de la thématique du «Patrimoine et Lumière».

La responsable et fondatrice de la galerie « Le Paon », Amel Mihoub, nous explique à propos du choix de cette thématique qu’« avec le temps, on se rend compte que de plus en plus de personnes et d’artistes s’intéressent au patrimoine. De ce constat, j’ai rassemblé des artistes venus de divers horizons autour de la thématique du patrimoine à  travers le concept de la lumière».  Elle souligne à propos de la thématique de la lumière associée à celle du patrimoine, que la luminosité en Algérie est d’une qualité exceptionnelle et a inspiré de nombreux artistes à travers le temps, à l’instar des orientalistes ou même d’artistes américains qui sont venus spécialement en Algérie pour cette luminosité. Une luminosité que les visiteurs de la galerie ont découvert  et apprécié, samedi dernier, lors du vernissage de cette exposition d’arts plastiques qui a regroupé différents styles et techniques sur différents supports venus des quatre coins du pays et qui se poursuivra jusqu’au 15 mars prochain. Ainsi, parmi, la trentaine de tableaux à l’huile ou à l’aquarelle représentant les différents écoles d’art, dont l’impressionnisme, l’expressionnisme et le réalisme, le regard est notamment captivé par plusieurs œuvres de l’artiste Talbi Abd El Hadi de Aïn Témouchent, dans le style impressionniste  marquées par des couleurs vives et  camaïeux notamment en ce qui concerne les contrastes et les ombres dans un subtil travail de la lumière. Un autre exposant venu de Chlef, Ahmed Zerib, a illustré certains paysages de sa région dans ses toiles réalistes reflétant la nature morte avec « un usage astucieux de lumière » souligne l’APS. Pour sa part, l’artiste peintre Nouicer Nadjem de Tamanrasset présente deux tableaux mettant en valeur la richesse et la diversité culturelles dans sa wilaya telle que les costumes et les bijoux des Touaregs baignées de cette lumière envoûtante du Grand-Sud algérien.
En plus des tableaux exposés, les visiteurs de la galerie peuvent également découvrir les photographies artistiques d’Amel Dekkar sublimant notamment la beauté des femmes en «haïk» immaculé et des sculptures de Zoulikha Rediza, dans des lampes avec des personnages touaregs.

Oeuvrer à dynamiser le contact entre le public et l’art
A propos du choix des artistes participant à cette exposition, la responsable de la galerie Amel Mihoub nous souligne que «la démarche de la galerie est d’aller au-delà des artistes connus à Alger, pour faire découvrir ceux des autres wilayas ainsi que de jeunes talents. C’est pour cela que cette exposition regroupe des artistes expérimentés  ou qui ont fait des études académiques et des débutants, venus des différentes wilayas et que j’ai découvert  notamment grâce aux réseaux sociaux». Elle cite à titre d’exemple l’artiste de Tamanrasset Nouicer Nadjem, formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Mostaganem et dont elle à découvert les œuvres captivantes grâce à la page Facebook de l’artiste. Concernant l’impact des réseaux sociaux dans le domaine des arts, Amel Mihoub, qui est notamment diplômée  en histoire de l’art et en communication, nous confie qu’ «aujourd’hui, la tendance est d’être présents sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux. La galerie Le Paon suit cette tendance en étant présente sur le Net. C’est en quelque sorte une galerie virtuelle également afin de toucher le plus de monde possible». Toutefois, elle précise qu’«en termes de communication, de par ma formation académique, j’entretiens aussi la formule  classique avec notamment l’affichage. Je me déplace aussi pour remettre les invitations aux personnes pour assister aux vernissages des expositions afin d’entretenir le contact humain. Le virtuel c’est bien, mais c’est surtout un support pour que les personnes se rencontrent autour de l’art et de la créativité». Elle déplore que «certes, les expositions sont de plus en plus attractives et il y a plus de personnes qui s’intéressent à l’art, mais on est très loin d’avoir un marché de l’art en Algérie. Mais on espère que cela va venir». Toujours dans l’esprit de dynamiser l’intérêt du grand public à l’art, en dehors du jour du vernissage marqué par une grande affluence, Amel Mihoub a également initié des ateliers pour adultes et enfants au sein même de la galerie au milieu des œuvres exposées. La responsable de la galerie « Le Paon » nous annonce également pour le mois de mars prochain, consacré  à la thématique du recyclage, une exposition et des ateliers avec des artistes qui travaillent à base de recyclage.