Une exposition rétrospective des œuvres du peintre Ali-Khodja Ali a été inaugurée jeudi à Alger en hommage à ce miniaturiste disparu il y a douze ans. Accueillie à la galerie «Baya» du Palais de la Culture Moufdi-Zakaria, l’exposition rassemble une trentaine de toiles, dessins,affiches, gravures et objets personnels de l’artiste disparu le 7 février 2010. Le visiteur peut découvrir des outils de travail de Ali-Khodja, notamment des pinceaux ainsi que son chevalet sur lequel est posé une toile inachevée de l’artiste, pris en photo dans son atelier. Des gouaches, peintures à l’huile (réalisée lors des dernières années de sa carrière), dessins, timbres et affiches promotionnelles d’évènements culturels dont le premier Festival culturel panafricain d’Alger (1969) sont dévoilés au public, invité à revisiter des œuvres de cet artiste miniaturiste qui a laissé son empreinte dans le catalogue philatélique algérien qu’il a enrichi d’une cinquante de vignettes dont le premier timbre de l’Algérie indépendante. Ces œuvres, pour la plupart exposées et connues du public, remontent à la fin des années 90 et début 2000, période à laquelle l’artiste a opté pour la peinture abstraite, avec des titres allusifs comme «Sans fin» (1998), «Le doute enrichissant» (2000), «Temps suspendu» (2001), «Lueur étrange», «Formes insolites» (2003), «Expansion» (2008) ou encore»Exaltation» (2010). L’exposition donne à voir également des dessins à la plume au trait fin comme «Ensemble», «Volailles», «Vol de pigeon», où l’artiste illustre sa passion pour les animaux dans une représentation semi-figurative qu’il a adoptée dans les années 1960-1970. Natif d’Alger en 1923, Ali-Khodja Ali a grandi entouré de ses deux oncles artistes qui le recueilleront à l’âge de 4 ans après le décès de son père. Ancien élève d’Omar Racim à l’Ecole des Beaux-arts d’Alger, il dévoile ses premières œuvres à l’âge de 23 ans, après avoir suivi des cours de calligraphie et d’enluminure avec comme condisciples Mohamed Temmam et Bachir Yelles. Miniaturiste et peintre, l’artiste a enrichi le catalogue philatélique algérien d’une cinquantaine de vignettes et il est l’auteur du premier timbre-poste de la République algérienne, émis le «5 juillet 1964», a tenu à rappeler son fils, Abderrahmane, présent à l’exposition. Il a enseigné durant une trentaine d’années la décoration à l’Ecole des Beaux-arts, après avoir quitté, en 1961, le poste de dessinateur au Bureau d’étude du service de l’Artisanat, ancêtre du Musée des arts et traditions populaires. Après l’indépendance, il se consacre à la conception d’affiches, en se distinguant notamment par celle consacrée au premier Festival panafricain (1969). Mais n’abandonnera pas pour autant la peinture et continuera à participer aux expositions collectives. En 1990, Ali-Khodja Ali présente ses nouvelles toiles dans une exposition individuelle à Alger avant d’y exposer, pour une dernière fois, en 2009. Jusqu’à la fin de sa vie, Ali-Khodja Ali continuera à peindre, sans que le poids de l’âge n’ait jamais eu d’emprise sur sa créativité. Organisée par le Palais de la culture Moufdi-Zakaria, l’exposition est visible jusqu’au 11 juin prochain.