Les exportations algériennes de ciment ne cessent de gagner en volume, plaçant cette filière au-devant des ventes hors hydrocarbures du pays. En 2019, les recettes engrangées par le ciment exporté ont même triplé pour atteindre 60,68 millions d’euros soit une progression de 141%, par rapport à 2018, selon la direction des études et de la prospective des Douanes (DEPD).

Ces exportations concernent aussi bien les ciments hydrauliques, y compris le ciment non pulvérisé appelé «clinker», souligne la DEPD, sans préciser toutefois leur taux dans les exportations globales hors hydrocarbures. Entre janvier et novembre 2019, ce taux était de 2,51%, contre 0,65% durant la même période de 2018, avait indiqué la même source dans un précédent rapport.
La forte progression des exportations de ciment confirme l’Algérie dans son nouveau statut d’exportateur de ce matériau, alors qu’il y a à peine deux années, notre pays était gros importateur en la matière. Un nouveau statut acquis à la faveur des nombreux investissements réalisés dans la filière, ces dernières années, portant les capacités locales de ciment à 40 millions de tonnes/an, avec possibilité d’en exporter jusqu’à 20 millions de tonnes, soit l’équivalent de 500 millions de dollars que l’Algérie ambitionne d’atteindre au bout de cinq années, selon les prévisions rendues publiques l’année dernière par le ministère de l’Energie et des Mines.
Pour 2020, le même ministère table sur une production de 40,6 millions de tonnes, répartie respectivement entre le Groupe public industriel des ciments d’Algérie (GICA, 20 millions de tonnes), Lafarge Holcim Algérie (11,1 millions de tonnes) et le reste des opérateurs privés (9,5 millions de tonnes). Outre le ciment, cinq produits ont réalisé des performances encourageantes à l’export en 2019, fait savoir encore la DEPD, citant les engrais minéraux ou chimiques azotés, les huiles et autres produits provenant de la distillation des goudrons de houille, de l’ammoniac anhydre, les sucres de canne ou de betterave et les phosphates de calcium naturels. Ces cinq produits totalisent 74,80% des exportations hors hydrocarbures réalisées l’année écoulée. Ces résultats, en plus de ceux à l’actif du ciment, n’ont toutefois pas suffi à rehausser les recettes globales des exportations hors hydrocarbures. Pis encore, en plus de demeurer marginales, les ventes dans cette catégorie ont aussi reculé à 2,58 milliards de dollars en 2019 contre 2,92 mds usd l’année d’avant (-11,80%). Ces exportations hors hydrocarbures n’ont participé qu’à hauteur de 7,20% au volume global des exportations du pays. Ces faibles résultats ont incité les pouvoirs publics à faire de l’augmentation des EHH un des défis majeurs de l’actuel quinquennat. Le ministre du Commerce Kamel Rezig l’avait affirmé, en janvier dernier, d’où la mise en place d’un ensemble de mécanismes visant leur promotion.
«La plus grande bataille que doit livrer le département du Commerce durant le quinquennat 2020-2024 est l’augmentation du volume des exportations algériennes vers la région arabe et le continent africain», a-t-il déclaré lors du séminaire national sur les conditions d’exercice du commerce international (Incoterms 2020).