Le Groupe industriel des ciments d’Algérie (Gica) vient de conclure un accord avec un partenaire étranger, portant sur l’exportation de 30 000 tonnes de ciment à travers sa filiale Sodismac. Une quantité modeste ? Gica n’en reste pas là, le Groupe a l’ambition d’aller plus loin, puisqu’il est en discussion avec des partenaires étrangers pour l’exportation d’autres produits à l’instar du calcaire et du gypse.

Au total, c’est 1 à 1,5 million de tonnes de produits qui pourraient être exportés en 2018. Ces quantités seront exportées à partir des ports d’Arzew et de Djendjen. Gica n’en est pas à sa première opération d’exportation, elle a procédé, au cours du mois de mai 2018, à l’exportation de 450 000 tonnes de clinker, dans le cadre d’un contrat portant sur une quantité globale de 200 000 tonnes. En 2017, le groupe Gica a enregistré une production record de ciment de près de 14 millions de tonnes contre 12.6 millions de tonnes en 2016. Avec ses douze cimenteries, GICA a ainsi connu son troisième record consécutif, dépassant ses prévisions pour 2017 qui tablaient sur une production de 13,2 millions de tonnes de ciment. L’Algérie produit actuellement plus de 25 millions de tonnes de ciment par an et prévoit d’atteindre 40 millions de tonnes/an à l’horizon 2020. LafargeHolcim Algérie s’est lancée également dans des opérations d’exportation. Le groupe franco-helvétique qui dispose d’une antenne algérienne qui se porte bien, a annoncé, fin 30 mai dernier, sa septième opération. Cette dernière a été effectuée depuis le port de Djendjen. Elle porte sur 17.000 tonnes de ciment gris en vrac à destination de l’Afrique de l’Ouest. Cette nouvelle opération s’inscrit pleinement dans l’objectif que s’est fixé le groupe, à savoir l’exportation de 2 millions de tonnes de ciment en 2020 dans le cadre d’une ambition de 5 millions de tonnes par an. Avec ces opérations d’exportation, l’Algérie est ainsi passée d’un grand importateur de ciment à un pays exportateur, grâce à la politique tracée par les pouvoirs publics, qui aura permis le développement d’une véritable industrie cimentière. Le ministère de l’Industrie et des Mines réitère sa disponibilité à aider et à accompagner les opérateurs activant dans ce segment afin de réussir le défi de l’exportation. Ainsi, le secteur du ciment se montre progressivement plus performant. Il montre le chemin de l’avenir en matière d’exportation hors hydrocarbures. Il faut dire qu’il n’a jamais été aussi important que maintenant de trouver les bons chemins à emprunter pour exporter plus et dans beaucoup de filières. Et, que la volonté est manifeste de le faire. Elle est perceptible dans le fait que le pays prévoit de transformer le régime de croissance en l’orientant vers le développement des secteurs productifs de richesse et de valeur ajoutée et d’emploi en optant, notamment, pour une démarche budgétaire rénovée, une rationalisation des dépenses publiques, une réforme du système fiscal, un renforcement du rôle économique des collectivités locales, une amélioration du climat des affaires et un encouragement de l’investissement. Les démarches nécessaires suivies par le pays visent à augmenter les parts de l’exportation hors hydrocarbures ; les efforts consentis dans ce domaine sur les plans législatif, ainsi qu’en matière d’accompagnement et de mesures incitatives au profit des acteurs économiques plaident en faveur d’une aide et d’un soutien mieux harmonisée dont le but est de faire décoller rapidement les exportations. Le pays sait que seule une politique globale comprenant un ensemble cohérent et équilibré de diverses mesures dont fait partie l’appui aux exportateurs est susceptible de porter des fruits, dans un contexte de crise, un contexte qui rend plus que jamais nécessaire l’élaboration d’une stratégie claire dans le domaine de l’exportation.