Par Bouzid Chalabi
Une délégation de la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA) s’est rendue dernièrement sur le site de la nouvelle plateforme d’exportation, jouxtant le poste frontalier algéro-libyen Debdeb, dans la wilaya d’Illizi. Une visite qui, selon le président de la CIPA Abdelwahab Ziani, «était rendue nécessaire au vu de l’importance de cette plateforme à même de booster grandement les exportations des produits algériens vers la Libye».
Des propos que ce dernier a avancés lors d’un point de presse qu’il a animé, hier, au siège de son entreprise Arômes d’Algérie. Pour ce dernier, «la mise en place de cette plateforme va sûrement rendre plus fluide le mouvement des opérations d’exportation dès lors où toutes les administrations, parties prenantes, sont présentes en permanence en ce lieu». Ajoutant : «C’est en quelque sorte un moyen efficace pour faciliter en partie la tâche des exportateurs.» Pourquoi en partie et non entièrement, peut-on se demander ? Du point de vue du patron de la CIPA, «il reste encore quelques entraves à lever».
Sur ce dernier point, il a estimé que «les lois régissant les exportations hors hydrocarbures ont besoin d’un toilettage». Et pour être plus explicite, il a précisé : «C’est à la réglementation de s’adapter à l’acte d’exporter et non pas le contraire.» Toujours à propos de la création d’une plateforme d’exportation à Debeb, Ziani a confié qu’«étant donné que la logistique de l’exportation par voie terrestre reste ridicule, une telle initiative ne peut être que bien accueillie par les industriels et producteurs locaux, dans la mesure où ils leur sera possible de finir sur place la production des produits qu’ils destinent à l’exportation». Abondant dans ce sens, «cent industriels, membres de la CIPA, sont prêts à s’externaliser une fois la plateforme entièrement opérationnelle». Parlant de l’impact de cette plateforme sur les volumes exportés, «autant les opérateurs locaux que ceux de Libye vont en tirer profit». Ajoutant dans ce sens : «Je reste très optimiste à l’égard des volumes des exportations vers la Libye. Je peux même avancer que d’ici la fin de l’année, le montant des exportations hors hydrocarbures va facilement atteindre les 4 milliards de dollars. Et compte tenu qu’il existe un engouement certain chez les opérateurs libyens et d’autres de l’Afrique de l’Est sur nos produits agroalimentaires, sanitaires et notre production de médicaments, on peut s’attendre à court terme à ce que les recettes atteignent 10 milliards de dollars. Le conférencier en veut pour preuve, la qualité de la production qui ne cesse de gagner des parts de marché dans les pays frontaliers. Il citera à titre d’exemple une commande libyenne très récente de 1 million de tonnes de fraises congelées. «C’est pour dire que la barre du 10 milliards d’exportation, d’ici 2022, n’a rien d’utopique, au contraire, elle reste facilement à notre portée pour peu que nous, industriels, et le gouvernement faisons en sorte de passer à une vitesse supérieure dans les exportations hors hydrocarbures dans les plus brefs délais et ainsi mettre à profit des marchés extérieurs voisins très demandeurs du made in Algeria». n