Le ministre du Commerce, Saïd Djellab, a présidé, hier, à l’Agence nationale de promotion des exportations (Algex), la 3e réunion de consultations dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie nationale à l’export (SNE), qui sera mise en œuvre à partir de juillet prochain. L’ancien directeur général du commerce extérieur a annoncé la sélection de huit secteurs prioritaires et une amélioration des organismes de soutien à l’export.

Il s’agit d’une vision nationale, suivie directement par les plus hautes autorités de l’Etat, a indiqué Saïd Djellab. La Stratégie nationale à l’export, dont les consultations des différents acteurs par le ministère du Commerce ont débuté en octobre 2017, sera mise en œuvre à partir de juillet prochain. «C’est un travail qui implique les acteurs économiques et les institutions publiques impliquées dans l’acte d’exportation», a tenu à rappeler M. Djellab. Ajoutant que huit secteurs économiques ont été retenus comme prioritaires dans le cadre de la stratégie nationale à l’export. Les secteurs concernés sont ceux de la pharmaceutique, des TIC, produits alimentaires et agricoles, de l’électronique et l’électroménager, la pétrochimie, des cuirs et textiles, matériaux de construction et du tourisme. La SNE comportera également des fonctions dites horizontales «qui doivent aider les secteurs cités à se placer à l’international». Il s’agit de quatre fonctions : l’information et la promotion commerciale, la gestion de la qualité et la certification, la facilitation des échanges logistiques et le financement de l’export.
«Des groupes de travail sont constitués en atelier afin de voir quelles améliorations nous pouvons introduire pour que les secteurs concernés puissent exporter», a détaillé le ministre du Commerce. Il a, par ailleurs, indiqué qu’une feuille de route sera examinée lors de la quatrième et dernière consultation programmée début juin. «Nous allons venir avec une feuille de route qui tracera les contours de la SNE et définira les organismes impliqués. Cette stratégie sera présentée au gouvernement et mise en œuvre à partir du mois de juillet», a affirmé M. Djellab.
Autre initiative du ministre du Commerce, celle de «revisiter» le rôle des différents organismes étatiques impliqués dans la promotion des exportations. «Quand nous élaborerons le cadre général de développement des exportations, nous renforcerons les différentes structures pour qu’elles aient un rôle plus important dans la promotion des exportations», a-t-il indiqué, sans préciser la nature des améliorations qui  seront apportées aux institutions concernées, telles que le Fonds de soutien à la promotion des exportations (FSPE), l’Algex et même la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI).
D’autre part, le premier responsable du Commerce est revenu, une nouvelle fois, sur les objectifs de la suspension provisoire d’importations de 851 produits. Des objectifs qui doivent se traduire par le «rééquilibrage de la balance commerciale» et «l’octroi d’une marge de manœuvre aux opérateurs économiques pour augmenter leurs capacités de production et encourager l’investissement dans certaines filières». «Nous avons réuni les opérateurs activant dans différentes filières qui se sont engagés. Il y a déjà des contacts avec des investisseurs étrangers pour la délocalisation de la valeur ajoutée des pays fournisseurs vers l’Algérie», a assuré Saïd Djellab, regrettant par ailleurs que l’Algérie ait été considérée, jusqu’à présent, comme un «marché de produits finis» par certains pays. Pour y remédier, le ministre du Commerce a expliqué que le message envoyé à travers les mesures de sauvegarde commerciale  est qu’une partie de la valeur ajoutée, à savoir la croissance et la création de postes d’emplois, doit être réalisée en Algérie. Le ministre a annoncé qu’une réflexion est engagée au niveau du ministère du Commerce pour l’élaboration d’un nouvel instrument de protection de la production nationale.
Il citera notamment l’introduction «de droits additionnels provisoires». Toutefois, M. Djellab a affirmé qu’il y avait une mise à jour à faire de la liste des produits suspendus temporairement à l’importation. Sur un autre plan, le ministre a fait savoir que son département était en train de recenser tous les intervenants dans la commercialisation des véhicules, et ce, pour constituer une base de données en matière de prix appliqués. Après la finalisation de ce recensement, le ministère du Commerce «donnera son avis», a-t-il fait valoir.