En plus des ventes d’hydrocarbures qui bénéficient de la forte hausse des prix et améliorent de manière significative les recettes de l’Algérie en la matière, les exportations hors hydrocarbures tiennent la route tracée par les pouvoirs publics pour l’année en cours et réalisent des rentrées en devises en adéquation avec les attentes de ces derniers.

Par Feriel Nourine
Ces exportations ont, en effet, déjà rapporté près de 4 milliards de dollars à fin août 2022, soit une hausse 42% par rapport à la même période de l’année dernière, a indiqué hier le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, à l’APN où il présentait la Déclaration de Politique générale du Gouvernement.
Pour rappel, l’Etat avait placé la barre à hauteur de 7 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures pour l’exercice en cours, contre 5 milliards de dollars pour 2021. C’est Abdelmadjid Teboune qui avait annoncé cet objectif, inscrivant l’amélioration de ce type de recettes.
Le président de la République a tout récemment remis sur la table ce dossier, et rappelé le même chiffre. «L’objectif tracé consiste à réaliser 7 mds USD d’exportations hors hydrocarbures durant l’année en cours», a-t-il insisté à l’ouverture de la rencontre Gouvernement-Walis, soulignant une nouvelle fois que «la libération et la diversification de l’économie nationale n’étaient qu’un simple slogan durant les 30 ou 40 dernières années», et notant que «les exportations hors hydrocarbures ne dépassaient pas 1,3 mds USD». Or, le niveau d’exportation constitue dans toute économie un indicateur de développement, de dynamique d’emploi et de hausse de la valeur ajoutée, a ajouté le chef de l’Etat, mettant l’amélioration des recettes hors-hydrocarbures sur le compte d’une «nouvelle dynamique rendue possible grâce à plusieurs filières industrielles dont les produits étaient autrefois importés par l’Algérie et qui sont aujourd’hui exportés». Sur ce registre, Tebboune a cité l’exemple des produits de la sidérurgie, du ciment, des produits agricoles et alimentaires et le caoutchouc (pneus de voitures).
Une liste de produits a été, toutefois, interdite d’exportation, faut-ile le rappeler. Il s’agit de tous les produits de large consommation importés par l’Algérie, à l’instar du sucre, des pâtes, de l’huile, de la semoule et tous les dérivés du blé».
Le Président a, cependant, appelé à la maîtrise des importations, de sorte à tirer réellement profit de l’augmentation des exportations hors hydrocarbures. Pareille démarche permet, en effet, d’améliorer la balance commerciale. Et c’est ce qui est en train de se produire en cette année 2022, à travers un retour au vert des indicateurs, et un excédent de près de 14 Mds USD, contre un déficit de 862 millions Usd durant la même période de 2021, a fait savoir le Premier ministre, rappelant que ce déficit avait atteint 10,6 Mds Usd en 2020 .
La balance des paiements a enregistré, elle aussi, un excédent de l’ordre de 9,1 Mds Usd, contre un déficit de 4,4 Mds Usd durant la même période en 2021, Selon Benabderrahmane.
«L’Algérie a œuvré, en 2021, à la reprise de l’activité économique après une baisse significative enregistrée en 2020 du fait de la pandémie de la Covid-19», a-t-il fait remarqué, relevant que «l’économie algérienne a ainsi connu, en 2021, un effet de rattrapage caractérisé par une croissance économique de +4,7%».
Côté inflation, une augmentation considérable a été relevée en 2021, et s’est poursuivie en 2022. Dans cette tendance, l’indice des prix à la consommation (IPC) «a enregistré une hausse de +7,2% à fin 2021, contre +2,4% à fin 2020», a chiffré le Premier ministre, justifiant cette évolution inflationniste par le relèvement des prix des produits alimentaires (+10,1%) et des produits manufacturés (+6,3%)» L’inflation a encore considérablement grimpé en 2022, pour s’établir à 9,4 établie en juillet dernier, a indiqué l’Office nationale des statistiques (ONS) dans son dernier rapport, alors qu’en juin, le taux était monté jusqu’à 10,8%, selon la même source
M. Benabderrahmane a expliqué aux députés que cette hausse intervient dans le sillage d’une augmentation des niveaux d’inflation à l’échelle internationale causée par les chocs successifs qu’à connu le monde ces deux dernières années, le taux d’inflation s’étant établi à 7,8% en avril 2022 et 10% en septembre 2022 en Europe, des taux jamais atteints depuis 2008.
Des niveaux provoqués par «la flambée des prix des matières premières et des produits alimentaires, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et l’augmentation des coûts du fret, des facteurs ayant accru la concurrence féroce sur ces produits, d’autant que cette situation a eu un impact sur la sécurité alimentaire et sanitaire des pays», a encore expliqué l’intervenant à l’APN
Abordant la situation financière, le chef de l’Exécutif a affirmé que le Gouvernement «a axé ses efforts en 2021 sur le maintien de la stabilité des principaux indicateurs macro-économiques, et la réduction des déséquilibres internes et externes».
A ce propos, les recettes budgétaires au titre de l’exercice 2021 ont enregistré une hausse de +15,5%, et les dépenses budgétaires de + 7,6%, a-t-il indiqué. <