«Le challenge d’atteindre les 4 milliards de dollars d’exportation hors hydrocarbure à la fin de l’année 2021 reste à notre portée pour peu que les opérations d’exportations soient facilitées au maximum» ont appuyé à l’unanimité des exportateurs lors d’une rencontre de travail sur la promotion des exportations, organisée hier par le ministère du Commerce au siège de l’Agence algérienne des exportations (Algex) sous la présidence du ministre Kamel Rezig.
Ce dernier a tenu à préciser dès l’entame de son intervention : «Aujourd’hui, nous sommes venus vous écouter.» Auparavant, le Directeur du département commerce extérieur a avoué : «Il ne faut plus parler de ce qui a été fait mais de ce qui reste à faire pour pouvoir booster nos exportations hors hydrocarbures, ou du moins atteindre les objectifs à moyen terme, soit 5 milliards de dollars d’exportation à l’horizon 2022.» Et ce dernier de poursuivre dans ce sens : «Nous avons jusqu’ici élagué dans l’acte d’exporter pas mal d’entraves. Comme je peux affirmer que nous avons pu diagnostiquer celles qui demeurent récurrentes. Ce sont plus particulièrement le problème relatif au financement des opérations d’exportation et le manque de communication dans certaines wilayas, où sont implantés les opérateurs exportateurs.» Confiant enfin dans ce sens que «tous les secteurs qui ont un lien avec les opérations d’exportation sont interpellés».

Mise en évidence de nouvelles entraves
Concernant les interventions des opérateurs, c’est le président de l’Association des producteurs de boissons (Apab) Ali Hamani qui a pris la parole, le premier, déterminé à signifier au ministre que «c’est regrettable quand des entraves sont levées et que d’autres surgissent». Il en veut pour preuve, «la direction des services vétérinaires auprès du ministère de l’Agriculture effectue des analyses physicochimiques sur les cargaisons destinées à l’exportation, vient ensuite, bien plus tard, le contrôle des services de la qualité relevant du ministère du Commerce. Du temps perdu qui nous pénalise devant nos clients étrangers qui ne tolèrent pas de retard de livraison au-delà de la dizaine de jours». Et de conclure par cette suggestion : «Ne faut-il pas dès à présent que les contrôles des services opèrent simultanément afin de gagner du temps et par ricochet fidéliser nos acheteurs étrangers ?» Un autre intervenant versé dans l’exportation de produits maraîchers, s’est dit étonné que «chaque banque à ses conditions, et quand nous les remplissons nous faisons face à la lenteur du traitement de notre dossier». Révélant en outre : «Le guichet unique mis en place n’est pas aussi opérationnel que l’on croit. C’est pourquoi je suggère d’apporter quelques correctifs. Dans mon cas, comme tous ceux qui exportent des produits sensibles, il faut que l’opération d’exportation soit faite dans les plus courts délais.» De son côté, le représentant des clusters boissons estime que «l’acte d’exporter ne peut se concrétiser sans un écosystème efficace». Quant à Hichem Cheboub, directeur commercial de la Tannerie Mégisserie Mitidja, qui exporte depuis longtemps des peaux brutes d’ovin, de bovin et de caprin vers l’Italie, n’ira pas par quatre chemins. «La lenteur du traitement administratif nous prive de parts de marché plus importantes que celles que nous avons pu atteindre jusqu’ici grâce à la qualité de nos peaux, très prisées par notre unique client italien, fournisseur exclusif de grande marque mondiale de chaussure», a-t-il déploré. Un autre intervenant s’est focalisé sur la stratégie nationale de promotion des exportations (SNE) sur laquelle il dira : «Elle a été mise en place en 2018, mais elle n’est toujours pas aussi efficace.» Et de lâcher en outre : «Il est nécessaire, si l’on veut que nos exportations décollent, à ce que soit mis en pratique tout ce qui a été décidé comme mesure incitative.»
D’autres opérateurs sont intervenus, chacun mettant en exergue ce qu’il rencontre comme entrave dans les opérations d’exportations. A ce propos, nombreux se rejoignent à dire que «l’acte d’exporter est une véritable aventure». Devant ce constat, le ministre du Commerce s’est engagé à simplifier au maximum l’acte d’exportation. «Il serait regrettable que ce ne soit pas le cas, compte tenu des potentialités avérées à l’export dont disposent le pays», a-t-il conclu, avant de donner rendez-vous au parterre présent pour une prochaine rencontre.