Le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal) a de nouveau déclaré, hier, qu’il «était temps» de revoir la réglementation des changes pour «aider» les près de 1 200 exportateurs du pays à remplir l’objectif de «4 à 5 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbure».

Par : Nadir Kadi
M. Ali Bey Nasri, invité sur les ondes de la Radio nationale, a dénoncé la «note 06-2021», publiée le 21 juin dernier par la Banque centrale, en déclarant que cette réglementation, qui modifie la répartition et le contrôle de la «valeur ajoutée», était un «coup dur» pour les exportateurs. Ali Bey Nasri, qui espère une refonte rapide de la loi, ajoute qu’il s’agit «du plus grand problème actuel» : «Malheureusement, une note sortie le 29 juin contredit totalement les encouragements et l’orientation voulue par le président de la République lors du discours du 18 août 2020.»
Le responsable demande ainsi la refonte de cette réglementation : «Nous demandons au ministre et au Président de revoir la réglementation (…) Je sais que cette note a pour but de limiter la sortie de devises, mais je sais aussi que les exportateurs ont cru aux facilités que leur accorderait l’Etat.» M. Ali Bey Nasri ajoute, plus précisément, que le problème se situe dans l’orientation des 20% de la valeur ajoutée lors des opérations d’exportations. Auparavant, «20% allaient à l’exportateur selon la loi sur le change», la perte de ces montants conduirait les exportateurs, selon le responsable de l’Anexal, «à cesser leur activité ou à frauder en minorant le coût global et, bien sûr, nous sommes contre cela».
Une nouvelle mesure qui aurait également un effet délétère sur la reconversion des importateurs vers l’exportation : «Un investisseur recherche le gain, si l’Algérie compte 40 000 importateurs, c’est bien parce qu’il y a des profits à faire. Nous avons voulu réorienter les importateurs vers l’exportation parce qu’ils ont des contacts, des portefeuilles clients à l’étranger». Et dans cette même logique de promotion du travail des exportateurs, le responsable de l’Anexal a également souhaité que les investissements à l’étranger soient facilités : «Il est temps de revoir la loi sur les changes, qu’on laisse les producteurs algériens ouvrir des chaînes de distribution à l’étranger (…) C’est comme cela que les pays qui ont réussi ont commencé.»
Le président de l’Anexal ajoute que les exportateurs ont, aujourd’hui, besoin d’aide et d’accompagnement, car ils ne seraient, selon lui, que «10 ou 15» professionnels à pouvoir résister aux chocs : «Il y a deux catégories d’explorateurs, ceux qui ont une certaine envergure, des moyens financiers, logistiques… mais ce ne sont que 10 ou 15 explorateurs sur les 1 200 que compte le pays. Autrement dit, la majorité des ‘petits’ exportateurs ont besoin de l’aide de l’Etat, ils ont des difficultés, et pas de contrôle sur les marchés extérieurs.» Cela étant dit, Ali Bey Nasri s’est, cependant, montré optimiste sur la capacité du pays à remplir ses objectifs d’exportation hors hydrocarbure : «Les indications montrent que cet objectif est possible. Selon moi, il sera rempli à près de 90%.
Ces 5 premiers mois de l’année, nous avons exporté pour 1,55 milliard de dollars, soit une hausse de 80% par rapport à la même période de 2020.» Il a, également, été révélé hier que cette hausse est aujourd’hui portée par ce qu’il qualifie de «produits nouveaux» pour l’économie algérienne, notamment «l’acier, le ciment, les pneus et des produits agricoles, dont les dattes, qui ont été multipliées par 3, avec 60 000 tonnes exportées». <