Par Feriel Nourine
Les prix à l’exportation et à l’importation de marchandises en dinar ont connu une forte hausse durant le premier trimestre 2022, notamment pour les marchandises exportées, avec 79,4%, contre 24% pour celles importées, indique un récent rapport de l’Office national des statistiques (ONS), consacré à l’évolution des indices de valeurs unitaires du commerce extérieur de marchandises lors de cette période.
Les prix à l’exportations doivent leur très forte augmentation à l’envolée des prix des hydrocarbures qui ont enregistré une hausse de 81,2% durant les trois premiers mois de l’année en cours par rapport à la même période de la même année, explique l’ONS, notant que les exportations des produits hors-hydrocarbures ont, quant à eux, connu une tendance haussière assez remarquable qui leur a fait gagner 53%.
Sur ce registre, l’évolution positive caractérise toutes les catégories de produits, fait savoir le rapport. En ce sens, les prix des articles manufacturés et articles manufacturés divers ont progressé de 56,1%, ceux de produits alimentaires et animaux vivants ont connu une hausse de 50,5%, alors que les prix des combustibles minéraux, lubrifiants et produits connexes + huiles, graisses et cires d’origines animale ou végétale ont enregistré une augmentation de 42,5%.
Quant aux volumes des marchandises, elles ont connu une hausse de 0,4% pour les exportations, alors que pour les importations, elles ont reculé de 6,4%, ajoute la même source.
A la faveur des prix affichés, les recettes des exportations de l’Algérie ont affiché une forte hausse en monnaie locale durant le trimestre de référence, atteignant 1 831,8 milliards de DA contre 1 025,2 milliards de DA au cours du 1er trimestre 2021 soit un bond de 78,7% en valeurs courantes par rapport au 1er trimestre 2021.
Pour les importations, la facture est passée de 1 202,2 milliards de DA au premier trimestre 2021 à 1 395,2 milliards de DA au 1er trimestre 2022, soit une hausse en valeur courante de 16,1%.
L’impact de ces évolutions a été favorable à la balance commerciale du pays, dont la tendance a été carrément inversée, passant d’un déficit de 177 milliards de DA pour le 1er trimestre 2021 à un excédent de 436,6 milliards de DA durant le 1er trimestre de l’année en cours, souligne l’office.
Pour ce faire, le taux de couverture des importations par les exportations s’est nettement amélioré, atteignant 131,3% entre janvier et mars 2022 contre 85,3% durant la même période de l’année dernière.
L’ONS a, par ailleurs, dressé l’état des lieux de l’économie nationale durant le même trimestre. Une période qui a vu le produit intérieur brut (PIB) en volume progresser de 1,6% par rapport à la même période de l’année 2021, a-t-il relevé, soulignant que la croissance économique a été caractérisée par une baisse de la valeur ajoutée réelle du secteur des hydrocarbures (-2,3%), tandis que le PIB hors hydrocarbures a enregistré une croissance de 2,9% au premier trimestre 2022.
Une évolution positive qui tire sa substance notamment du secteur de l’agriculture dont la valeur ajoutée a crû en volume de 1,9% contre une croissance de 0,2% une année auparavant. Les secteurs non agricoles (y compris les hydrocarbures) connaissent une hausse d’activité de 1,5 % contre un accroissement de 2,3% une année auparavant.
En valeurs courantes, le PIB du 1er trimestre 2022 enregistre une croissance de 24,1% au lieu d’une hausse de 8,0% durant la même période de l’année 2021. Cette hausse a conduit à un déflateur du PIB de 22,2% contre 5,9% durant la même période de l’année 2021, poursuit l’office.
En matière de demande intérieure, il est noté une progression 0,4% au premier trimestre 2022 alors qu’elle avait baissé de 0,6% au cours de la même période de l’année 2021. Les différentes composantes de la demande intérieure ont vu la dépense de consommation finale des ménages enregistrer une augmentation de 1,5% contre une hausse de 1,8% une année auparavant.
De même, la consommation finale des administrations publiques a connu une évolution de 3,6%, lit-on dans le rapport. <