Les recettes algériennes d’hydrocarbures ont atteint 24 milliards de dollars durant les 9 premiers mois de 2021, soit une hausse de 62% par rapport à la même période de l’année dernière. C’est ce qu’a fait savoir le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, devant la commission des finances de l’Assemblée populaire nationale, dans un exposé consacré au secteur qu’il dirige.

Par Feriel Nourine
On est, en effet, nettement plus haut que les 9 milliards de dollars d’exportations de pétrole et gaz dont l’Algérie a dû se contenter pour les 9 mois de l’année 2020, suite à l’effondrement du marché provoqué par une crise sanitaire qui avait réduit au strict minimum le demande mondiale et acculé les prix à des bas historiques très dangereux pour l’assise financière des pays producteurs, dont l’Algérie, qui doit la quasi-totalité de ses recettes en devises à ses exportations d’hydrocarbures.
Le secteur se porte nettement mieux depuis l’automne dernier, et ses prestations sur le marché se sont davantage améliorées ces derniers mois, à la faveur de la reprise de l’économie mondiale qui se consolide, avec des répercussions systématiquement positives sur la demande énergétique. A ce propos, M. Arkab expliquera aux députés que cette reprise a «entraîné une demande mondiale d’énergie, en particulier de gaz, dont les prix ont augmenté, alors que les recettes pétrolières ont beaucoup progressé grâce à des cours qui ont dépassé 80 dollars le baril pour se placer à des niveaux qu’ils n’avaient pas atteints depuis 2018».
Le rebond de la demande mondiale a permis à l’Algérie de porter ses exportations pétrolières «à 72 millions de tonnes d’équivalent pétrole (TEP) entre janvier et septembre de l’année en cours, soit une augmentation de 22% par rapport à la même période de l’exercice écoulé, alors que les ventes de gaz ont cru de 94% pour dépasser les 30 milliards de mètres cubes durant la période référence», a détaillé le ministre pour mettre en évidence le retour en forme du secteur après une année 2020 très inquiétante par ses piètres performances commerciales.
Quant à la forte remontée des prix du brut, l’intervenant dira qu’elle a permis de le situer dans une moyenne de 69 dollars durant les 9 premiers mois de 2021, contre 41 dollars l’année écoulée, soit une hausse de 28 dollars. Une hausse conséquente dont les dividendes se vérifient à travers le total des revenus engrangés par les exportations en la matière. Celles-ci devraient même atteindre entre 30 et 33 dollars à la fin de l’année, selon les prévisions faites par le PDG de Sonatrach, Toufik Hekkar, début octobre dernier. Ce dernier avait rassuré sur la «nette amélioration» du groupe énergétique national en soulignant qu’en moins de 9 mois, Sonatrach avait déjà exporté pour l’équivalent de la totalité de l’année 2020.
«Nous avons déjà réalisé, entre le début de l’année et le 21 août dernier, quelque 20 milliards de dollars, soit l’équivalent des recettes de toute l’année 2020», avait précisé M. Hekkar, avant que les chiffres fraîchement annoncés à l’APN par le premier responsable du secteur ne viennent confirmer la tendance haussière dont bénéficient cette année les exportations algériennes d’hydrocarbures.
Ce qui se traduit, par ailleurs, par un relèvement du prix référentiel du baril de pétrole dans le projet de loi de finances 2022. De 40 dollars dans la LF 2021, ce prix est passé à 45 dollars, avec un prix du marché du baril à 50 dollars, dans le PLF de l’année prochaine. Ce prix était de 50 dollars dans la LF 2020, avant d’être revu à la baisse pour atteindre 30 dollars dans la LFC pour la même année. Grâce au net rebond des cours de l’or noir, le gouvernement s’est donc permis pour une révision à la hausse du prix référentiel du baril de pétrole pour élaborer le PLF de 2022 qui connaîtra d’immenses dépenses pour faire oublier les dégâts socio-économiques causés par la pandémie de la Covid-19.
Sur ce registre, les pouvoirs publics pourront également compter sur une fiscalité pétrolière également en hausse, après avoir connu ses plus bas en 2020. Elle a atteint 1 857 milliards de dinars durant les 9 premiers mois de 2021, soit une augmentation de 29%, a encore fait savoir M. Arkab, avant d’évoquer également les bons résultats du secteur minier dont certains produits, comme le phosphate, ont enregistré «une hausse de production de 80%», s’est-il réjoui, soulignant qu’il s’agit de résultats «inédits». Quant à l’énergie électrique, elle a produit plus de 61 000 gigawattheures, soit une augmentation de 8,8% par rapport à l’année dernière, a ajouté le premier responsable du secteur. n