On ne compte plus le nombre de séminaires organisés, ces dernières années, autour du thème des exportations de produits agricoles frais et la kyrielle de mesures prises pour tenter de booster l’acte d’exporter à l’exemple des facilitations douanières, le contrôle des changes et la réglementation bancaire, les facilités (couloir vert, priorité de passage au scanner), mais qui, au final, n’ont donné que de piètres résultats sur le terrain.

Et quand bien même des opérations ont été réalisées, cela est à inscrire au registre des initiatives personnelles plus ou moins réussies, mais sans réel plan stratégique de contrôle et de suivi.
Le refoulement dernièrement de dattes du Canada et de la pomme de terre de Russie en est une preuve.
Cela renvoie à dire que la question du comment développer les exportations de produits agricoles dans le cadre d’une stratégie à moyen et long termes demeure entière.
Les deux cas de refoulement montrent bien que l’ambition affichée lors des nombreux colloques ne correspond pas à la réalité et qu’on agit plutôt dans le tâtonnement. L’option de solliciter une expertise internationale durant un colloque afin de multiplier les exportations hors hydrocarbures n’est pas à rejeter.
Elle demeure tributaire de la capacité des acteurs à veiller au B.A.-BA : la qualité de ce qu’on est capable d’exporter pour le moment, non pas pour protéger les seuls opérateurs, mais l’ensemble du marché algérien et de son image auprès des partenaires réels ou potentiels. Ce qui est à la portée du pays au vu des potentialités de la production agricole dont il dispose. Dans cette perspective, le président de la Fédération algérienne de l’agroalimentaire, Abdelwahab Ziani, invité hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne, reste convaincu que l’objectif fixé par les parties signataires du pacte social et économique, à savoir d’atteindre les 10 milliards de dollars à l’horizon 2020 reste possible. C’est là un défi à relever dans le sens où l’Algérie devra clôturer l’année en cours avec 31 mds usd d’exportations d’hydrocarbures alors que notre facture d’importation reste collée autour des 60 millions de dollars an.