La Russie a repris, hier mercredi, sa participation à l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes après avoir reçu des «garanties écrites» de la part de l’Ukraine sur la démilitarisation du couloir utilisé pour leur transport.

Synthèse Kahina Terki
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est garant de cet accord crucial pour l’approvisionnement alimentaire mondial, a confirmé la reprise à partir de mercredi 2 novembre à la mi-journée des exportations ukrainiennes en mer Noire via ce couloir sécurisé. Moscou avait suspendu samedi 29 octobre sa participation à l’accord céréalier après une attaque menée aux drones sur sa flotte basée en baie de Sébastopol, en Crimée. L’armée russe a imputé cette opération à l’Ukraine avec l’aide «d’experts britanniques «et assuré qu’elle avait été menée notamment depuis le couloir maritime réservé aux exportations ukrainiennes. Elle avait riposté lundi en lançant une nouvelle vague de frappes massives sur les infrastructures critiques ukrainiennes, provoquant des coupures de l’approvisionnement en eau et électricité, notamment à Kiev. Une série d’appels téléphoniques ces derniers jours entre responsables russes et turcs, notamment mardi entre M. Erdogan et le président Vladimir Poutine, et l’intercession de l’ONU, autre garant de l’accord, semble avoir convaincu Moscou de revoir sa position. Les cargos chargés de céréales, au centre d’un enjeu mondial de sécurité alimentaire, étaient jusque-là en grande partie coincés dans les ports d’Ukraine depuis samedi. Les Occidentaux avaient vivement dénoncé la suspension par Moscou de l’accord signé en juillet, tandis que Kiev avait dénoncé dans l’attaque de Sébastopol un «faux prétexte» et appelé à faire pression sur le Kremlin pour qu’il «respecte à nouveau ses engagements». «Le couloir céréalier a besoin d’une protection fiable et à long terme», avait indiqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky mardi soir, menaçant Moscou d’une «réponse mondiale sévère à toute mesure qui perturbe nos exportations». M. Zelensky a précisé que les frappes russes avaient endommagé 40% des installations énergétiques ukrainiennes, ce qui a poussé le pays à stopper ses exportations vers l’UE, où les prix flambent. Alors que Moscou et Téhéran continuent de nier des livraisons de drones de combat iraniens à l’armée russe, les Etats-Unis se sont dits mardi «préoccupés» par la potentielle livraison cette fois de missiles sol-sol iraniens. <