Par Bouzid Chalabi

C’est en partie une bonne nouvelle pour les exportateurs nationaux de service. Ils disposent d’un sérieux outil de marketing dans la perspective de développer leurs activités à l’export. En effet, une plateforme numérique élaborée par l’Agence algérienne du développement du commerce extérieur (Algex) a été lancée officiellement, aujourd’hui, à l’occasion d’une journée d’informations sur les exportations des services qui s’est déroulée au siège de l’Algex, à Alger. Une cérémonie marquée par la présence du ministre du Commerce Kamel Rezig et du ministre délégué chargé des Start-ups, Yacine Oualid.

C’était aussi l’occasion pour de nombreux exportateurs des services, présents à leur stand d’exposition, de faire découvrir tout leur savoir-faire et leurs perspectives professionnelles. Quelques-uns ont mis à profit le passage des deux ministres sur leur espace pour soulever les entraves qu’ils rencontrent sur le terrain, mettant surtout en avant et à l’unanimité de ne pouvoir disposer de l’argent, fruit de leurs activités, à l’export, pour cause de la réglementation en vigueur et qui consiste en l’obligation de rapatrier un taux élevé. « Le reste est très en deçà de nos besoins en marketing qui nous est nécessaire pour pouvoir gagner des clients », déplore Mohamed Lotfi Mouknach, patron de la société Elcs Rechearch, qui n’en est pas à sa première expérience en matière d’exportation de services dans son corps de métiers. De son côté, le responsable du Groupement algérien des acteurs du numérique (Gaan) indiquera à ses hôtes que certaines instructions en notre faveur ne sont pas appliquées au niveau des banques.

 A propos de l’instruction relative aux modalités d’ouverture du compte devise commerçant, certains exposants interpellés par nos soins jugent qu’elle est « louable et intéressante » mais « elle est également compliquée », nous ont-ils avoué. La Banque d’Algérie compte organiser une rencontre avec la communauté bancaire pour garantir une meilleure application des mesures relatives à la facilitation des exportations des services. Par ailleurs, un participant à cette journée d’informations et patron d’une startup qui a réussi à conclure deux importants marchés avec des étrangers, nous a témoigné que la banque a conclu deux importants marchés avec des étrangers, mais se dit outré par une banque qui l’a obligé, après la publication de l’instruction suscitée, de convertir en dinars ses revenus d’exportation de service, sous prétexte que le service est fait en Algérie. Dans ce même sillage, un intervenant lors des débats qui ont suivi les allocutions des deux ministres, dira : « J’ai l’impression que ce ne sont pas toutes les banques qui ont compris les instructions de la Banque d’Algérie. » Et de révéler au parterre : « On nous oblige à créditer le montant d’une exportation de service en dinars, ce qui est anormal », a-t-il déploré. « Or les instructions de la Banque d’Algérie sont, non seulement claires, mais elles font office de lois », rappelle un autre intervenant. A ce propos, il y a lieu de savoir que l’article 04 de l’instruction 06-2021 stipule, et de manière claire, que le titulaire du compte devise commerçant et non commerçant ouvre droit à l’intégralité du produit de ses recettes d’exportation de biens et de services. 80% de ces produits des recettes d’exportations sont destinés à l’importation de biens et de services nécessaires à l’activité de l’entreprise, et 20% peuvent servir à l’alimentation du compte exportateur, pour le financement des opérations de promotion des activités à l’exportation. Notons que les exportateurs seront bientôt fixés car la Banque d’Algérie compte organiser une rencontre avec la communauté bancaire pour arriver à une meilleure compréhension des textes et de leur application.

Soulignons que le ministre du Commerce a, lors de son discours des travaux, mis l’accent à encourager les jeunes développeurs d’application. « Un véritable gisement de potentialités à fructifier et qui pourrait sans nul doute booster la recette de nos exportations hors hydrocarbures », et à ce titre, il dira enfin « je reste convaincu que d’ici la fin de l’année, nous allons atteindre les 4,5 milliards de dollars en volumes d’exportation. Un montant à notre portée puisqu’à la fin du 3e trimestre, la recette s‘élevait à 3,3 milliards de dollars ».