Décidément, l’insouciance des uns et le manque de professionnalisme des autres ont rendu les explosions de gaz dans les habitations choses courantes. Il suffit pour s’en convaincre de comptabiliser le nombre d’accidents de ce type enregistré ces derniers mois dans tout le pays.

Mais celle de ce week-end tire la sonnette d’alarme et non des moindres au vu du nombre de victimes. En effet, dix-sept personnes ont été blessées, dont deux dans un état grave, suite à une explosion de gaz survenue samedi dernier dans un appartement de la cité El-Mehafir, dans la ville de Laghouat, rapporte la Protection civile. Selon cette même source, l’explosion a été causée par une fuite de gaz qui a également provoqué des dégâts aux habitations voisines et à des véhicules en stationnement près de l’immeuble, précise la cellule de communication de la Direction de la Protection civile repris par l’APS. Les deux blessés graves, une femme et un homme, ont été évacués vers Alger par hélicoptère. S’en est suivi, moins de vingt-quatre heures plus tard, un autre sinistre similaire à Batna. Un bébé de sept mois a trouvé la mort et sept personnes ont été blessées après une fuite de gaz suivie d’une explosion à l’intérieur d’une habitation à la cité Tamechtat, rapporte la Protection civile. Cette dernière révèle que l’origine de la fuite est une bonbonne de gaz butane dont l’explosion a causé des dégâts matériels importants dont l’effondrement de six murs intérieurs et extérieurs de la bâtisse, l’effondrement de deux pièces de la même demeure et l’apparition de fissures sur les murs d’une habitation mitoyenne, souligne la Protection civile dans son communiqué, non sans faire savoir qu’une enquête a été ouverte par les services compétents pour déterminer les causes de cet accident.
Toujours au registre des explosions de gaz, il importe de rappeler celle du 6 février causant la mort d’une étudiante résidente à la cité universitaire Ouled Fayet 2, à Alger, qui voulait préparer son repas à l’aide d’un réchaud à gaz butane. Bien avant, c’est-à-dire le 30 décembre dernier, 3 personnes ont péri suite à l’explosion d’une bouteille de gaz butane à l’intérieur d’une serre, aménagée en chantier de creusement d’un puits à douar Al-Haoicher, dans la région d’Oued Chair, commune El Ouricia (Sétif). Le compte se poursuit. En effet, en octobre dernier, 6 personnes trouvent la mort dans une violente explosion due à une fuite de gaz à El Bayedh.
A travers ce récapitulatif d’explosions de gaz enregistrées ces cinq derniers mois, faut-il déduire que l’utilisation de bonbonne à gaz butane est, d’une part, à prendre au sérieux et, d’autre part, toute installation d’appareil doit être effectuée uniquement par des professionnels. La moindre négligence ou manquement des normes d’usage peut provoquer le pire, des blessés, des morts, sans parler des dégâts matériels sur l’environnement immédiat. Pour l’heure, c’est toute une campagne de sensibilisation au danger du gaz qui devrait être menée par les pouvoirs publics. Quant aux installateurs, le contrôle continu de leur compétence se doit de devenir une règle qui ne saurait s’accommoder d’aucun relâchement car il y va de la vie de personnes. n