L’exploitation des hydrocarbures pourrait connaître un bond non négligeable en 2022, et ce, à travers un appel d’offres qui serait lancé aux compagnies internationales, a fait savoir le ministre de l’Energie et des Mines Mohamed Arkab. Néanmoins, ce projet ne se réalisera que si les conditions du marché l’autorisent, a-t-il précisé.

Synthèse de Feriel Nourine
«L’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) a prévu, dans son plan d’actions, un appel d’offres en 2021/2022. Néanmoins, le lancement de cet évènement reste tributaire d’autres facteurs exogènes. Nos experts suivent les perspectives d’évolution des marchés pétroliers et gaziers, les plans d’investissements des compagnies pétrolières ainsi que leurs stratégies en matière d’énergie, pour un choix optimum de la date du lancement», a indiqué M. Arkab dans un entretien à l’APS.
Dans le domaine minier d’hydrocarbures et sa promotion, le ministre a de nouveau indiqué que l’Algérie compte atteindre ses objectifs «indépendamment du mode de conclusion des contrats, lequel obéit en tout état de cause sur les principes de transparence et de mise en cooccurrence». Il fait observer que depuis la promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, et avant même la finalisation de l’élaboration de ses textes d’application, Alnaft et Sonatrach avaient entamé des discussions avec plusieurs partenaires potentiels en vue de développer des projets dans l’amont pétrolier et gazier, rappelant qu’un premier contrat avait été signé avec l’italien ENI pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans le périmètre Berkine Sud pour un investissement de 1,4 milliard de dollars.
Interrogé sur le recours au marché SPOT du gaz, M Arkab a souligné que ce marché n’est pas nouveau pour Sonatrach qui opère souvent des ventes selon ce mode. «Notre stratégie de commercialisation du gaz naturel vise à mieux valoriser notre gaz en utilisant les indices de références liés aux différents hubs gaziers notamment européens», a-t-il affirmé. Toutefois, «cette question reste liée à d’autres facteurs en relation avec les conditions techniques de l’amont gazier, de la demande du marché domestique, des engagements contractuels pour la vente du gaz via gazoducs, du taux de fonctionnement des unités de liquéfaction ainsi que de la disponibilité du gaz».

Opep+ : «Toutes les options seront examinées»
Abordant la prochaine réunion mensuelle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, le 4 janvier, dans le cadre de l’alliance Opep+, M. Arkab a mis en avant la conjoncture dans laquelle va avoir lieu ce rendez-vous. Celle-ci est marquée par un redéploiement de la pandémie de Covid-19 à travers son nouveau variant Omicron, qui remet les pendules du marché pétrolier à l’heure des craintes d’une nouvelle chute de la demande mondiale de brut. C’est pourquoi, toutes les options seront examinées mardi prochain par l’alliance, a-t-il avancé.
«Nous agissons de manière responsable et proactive afin d’assurer la stabilité du marché pétrolier, offrant une visibilité exceptionnelle en termes de politiques d’offre dans l’intérêt bien évidemment des producteurs, de l’industrie pétrolière et pour l’ensemble des consommateurs», a-t-il expliqué, soulignant que «c’est dans ce même esprit que nous nous réunirons, le 4 janvier 2022, afin d’évaluer la situation du marché pétrolier international et ses perspectives d’évolution à court terme».
Les membres de l’alliance seront «extrêmement attentifs aux développements récents sur le marché, notamment pour ce qui est de l’impact potentiel de la nouvelle vague de contaminations sur la consommation mondiale de pétrole et pour ce qui est de la mise prochaine sur le marché d’importants volumes en provenance des stocks pétroliers stratégiques», a ajouté l’intervenant, inscrivant ses propos dans l’esprit qui règne depuis plusieurs mois au sein de l’Opep, sur fond de prudence régulièrement renouvelée à l’approche de ses réunions.
C’est pourquoi, l’augmentation de 400 000 barils par jour en janvier prochain, comme cela se produit chaque mois depuis août dernier, n’est pas encore chose acquise, selon le ministre. Ce dernier estime qu’il faudra attendre la réunion du 4 janvier pour connaître la décision de l’Opep+. «Tant que nous ne nous sommes pas réunis, il serait hasardeux de s’avancer sur l’issue de nos discussions. Nous pourrions prendre la décision d’augmenter en janvier prochain notre production de 400 000 barils/jour, de maintenir le niveau actuel inchangé ou de procéder à une baisse de notre offre globale», a-t-il expliqué, avant de noter que la forte vague de contaminations, notamment en Europe, et l’apparition d’un nouveau variant dont le degré de virulence n’est pas encore connu, sont de nature à «élever les incertitudes» sur le marché mondial du pétrole. M. Arkab évoque également la décision d’un certain nombre de pays consommateurs de recourir à leurs stocks pétroliers stratégiques, pour un volume global de 66 millions de barils. Cette démarche va à l’encontre de celle adoptée par les pays producteurs, dans la mesure où elle «ne vise pas à répondre à un besoin de demande de pétrole mais à créer les conditions d’une offre excédentaire afin de pousser les prix à la baisse», estime-t-il. «Même si cet effet d’annonce ne s’est pas traduit par une contraction des prix du pétrole, nous restons très attentifs à l’impact que ses volumes additionnels auront sur l’équilibre et la stabilité du marché pétrolier au cours des prochains mois», a-t-il encore indiqué. <