Le président de la République a présidé, hier, le Conseil des ministres consacré à l’examen et au débat du projet de loi relatif à l’exercice du droit syndical et du statut général de la Fonction publique. Les syndicats, qui n’ont pas pris connaissance des moutures des deux projets de loi, souhaitent qu’ils consacrent les libertés syndicales et concrétisent les revendications du partenaire social. Le secrétaire général du Satef se demande quel est l’objectif d’élaborer un projet de loi cadre relatif à l’exercice syndical, alors que la loi 90-14 relative aux modalités d’exercice syndical a été promulguée il y a deux mois. En attendant de prendre connaissance de l’avant-projet, Boualem Amoura réclame une loi qui consacre les droits et libertés syndicaux et protège le délégué syndical de l’arbitraire et des poursuites judiciaires. « On réclame une immunité dans le cadre des activités liées à l’action syndicale», dit M. Amoura, également coordinateur de la Confédération des syndicats autonomes (CSA). «On saura si le gouvernement a pour objectif de démocratiser ou de verrouiller le champ syndical», poursuit notre interlocuteur, qui manifeste sa déception face à «leur exclusion» d’un dossier qui concerne les travailleurs.
Abondant dans le même sens, le secrétaire général du CLA, Zoubir Rouina, demande que la prochaine loi consacre les acquis et ne ferme pas davantage le champ syndical, citant entre autres, les libertés et la représentativité syndicale. «Nous avons dénoncé l’amendement partiel de la loi 90/14. Les pouvoirs publics ont promis d’élaborer une nouvelle loi qui promeut l’action syndicale. Il faut concrétiser nos revendications». Le partenaire social réclame une loi qui assure la promotion du volet socioprofessionnel des travailleurs et de lancer un débat inclusif afin que la nouvelle loi apporte des solutions.
S’agissant de la révision du statut général de la Fonction publique 06/03, M. Rouina plaide pour le lancement d’ateliers et d’associer les syndicats autonomes dans le débat et la concertation. Le statut général de la Fonction publique est la loi référentielle juridique des statuts particuliers des travailleurs de tous les secteurs. Il faut en débattre et ouvrir des ateliers pour son enrichissement», insiste le secrétaire général du CLA.