Mohamed Ouadjaout, le ministre de l’Education nationale, a donné le feu vert pour l’entame des épreuves du baccalauréat à partir du lycée Ali Boushaba, Alger, dans la commune de Draria. Si pour l’examen du BEM la toile n’a pas perdu tous ses fils, il n’en a pas été de même pour le BAC où dès les premières lueurs annonçant le début des épreuves, le débit Internet a commencé à saccader pour s’arrêter pratiquement au milieu de la matinée. Il n’en a pas été de même pour les réseaux sociaux qui ont carrément affiché relâche, bloquant tout échange d’informations, importantes ou autres.

Par Hamid Bellagha
Cela n’a pas empêché 731.723 candidats à se présenter pour l’écueil ultime avant les études supérieures, le BAC version 2021, aux 2.528 centres répartis à travers le pays. L’ONEC précisera que cette quotité sera partagée entre 459.545 candidats scolarisés, 180.833 garçons et 278.712 filles, et 272.178 candidats libres,140.099 garçons et 132.079 filles, avec la découverte déjà signalée dans nos colonnes qu’il y a plus de candidates que de candidats parmi les scolarisés. La population carcérale n’a pas été en reste puisqu’elle a délégué 5.084 parmi ses détenus pour passer l’examen du BAC, et ce, sur 47 établissements pénitentiaires. Une hausse de 59% par rapport à la précédente session. Tous les prétendants au sésame de fin des études secondaires auront pendant cinq jours la possibilité de tester leurs connaissances, selon le programme dispensé lors du cursus scolaire et… des cours de soutien. Covid-19 oblige, cette année, et comme celle qui l’a précédée, des conditions sanitaires très strictes sont appliquées au sein de tous les centres d’examen.
En plus des risques sanitaires entourant tous les regroupements de personnes, le BAC en ce qui nous concerne, le ministère de l’Education nationale avait certifié la veille de l’examen que toutes les modalités étaient rassemblées pour un bon déroulement des examens sur cinq jours. Le ministre titillera au passage la fibre de l’honnêteté des candidats les exhortant à faire preuve de concentration positive et de sens de responsabilité, tout en appelant les parents d’élèves et le personnel de l’éducation «à adhérer avec force aux opérations de sensibilisation en vue de réunir un climat positif pour nos enfants et barrer la route aux aventuriers». Ces propos sont à traduire par ne pas tomber dans la facilité de la triche et du copiage, qui, en passant, sont devenus un sport national pendant ces dernières années, soulignant la déliquescence des mœurs de l’éducation nationale. Et passant des «conseils» aux actes, il sera procédé au respect des mesures en vigueur dans les centres des tests afin de garantir le bon déroulement de cet examen crucial. Il a donc été ordonné la prohibition de posséder ou d’utiliser tout moyen de communication, les téléphones cellulaires surtout.
Des recommandations, Ouadjaout passera à la «répression», rappelant que l’atteinte à la crédibilité des examens est un crime puni par la loi en vertu du code pénal, et de souligner que «des peines ont été infligées aux personnes impliquées qui ont été identifiées par les services compétents des brigades de lutte contre la cybercriminalité au titre de 2020, et ce, pour la première fois dans l’histoire des examens scolaires». Des tricheurs présumés, ou confirmés, par la suite, qui ont été «arrêtés, déférés à la Justice et condamnés dans nombre de wilayas».
Tous ces efforts qui visent à donner une chance égale à tous les candidats devant le sujet des matières proposées sont ordonnés pour garantir une équité pour tous, et de ce fait écartent tous les tirs aux flancs qui se repaissaient des efforts d’autrui. Ce qui n’a pas empêché des victimes collatérales du BAC d’être enregistrées, comme les utilisateurs de la toile qui sont à chaque examen national privés des moyens de communications modernes, et ce, depuis des années. Ainsi, du guichetier d’Algérie Poste à celui d’Algérie Telecom, en passant par celui de la Sadeg, sans oublier les banques, les assurances les journaux et les utilisateurs ludiques, tous ont été relégués à l’âge du téléphone classique et du fax.
C’est vrai qu’il faut conjurer le fléau de la triche, mais pas en coupant tous les fils de la toile. Aux décideurs de trouver d’autres ficelles. n