C’est aujourd’hui que le Président de la République préside un Conseil des ministres dédié à l’examen du plan de travail du gouvernement. Cette rencontre concerne au premier chef les parlementaires censés débattre et adopter le plan d’action en question. Selon des sources proches de l’Assemblée populaire nationale (APN), le document du plan d’action du gouvernement devrait atterrir chez le président de cette institution, Slimane Chenine, 48 heures à peine après son adoption en Conseil des ministres. Lequel se chargera de le transmettre aux parlementaires. Mais les députés ne semblent pas focalisés sur le débat autour du plan d’action du gouvernement. Ils ont la tête ailleurs, nous explique-t-on. Selon plusieurs députés contactés par nos soins, « le moral est au plus bas ». Et ce, pour plusieurs raisons, dont les plus prépondérantes concernent l’annonce d’élections législatives anticipées, et donc dissolution de l’APN, ainsi que la perspective de poursuites judiciaires contre certains députés. « On nous annonce une dissolution de notre institution et donc notre départ prématuré de l’APN et vous voulez qu’on soit focalisés sur le débat autour du plan d’action du gouvernement ? », lance un député du Front de libération nationale (FLN), selon lequel « la quasi-totalité des députés sont opposés à des législatives anticipées et refusent la perspective de partir avant la fin de leur mandat ». Un autre député FLN fait remarquer qu’« on aurait aimé nous intéresser davantage au plan d’action du gouvernement si notre présence au sein de l’APN n’était pas menacée ».
« Comment voulez-vous qu’on s’intéresse au plan d’action du gouvernement et que dans quelques mois on nous demandera de plier bagage ?», demande-t-il, tout en soulignant que l’annonce de législatives anticipées a totalement déstabilisé les députés.
Des députés du Rassemblement national démocratique ou encore de TAJ abondent dans le même sens.
« Nous sommes inquiets de devoir partir avant l’heure. On souhaite voir notre mandat aller jusqu’à son terme », nous explique un député de TAJ. Un député RND quant à lui soutient qu’« on a de tout temps débattu dans la ferveur les plans d’action du gouvernement, mais cette fois, nos préoccupations sont de rester au sein de l’institution ». L’autre obstacle à un examen et débat serein du plan d’action du gouvernement est en rapport avec la peur des poursuites judiciaires à l’encontre de certains députés. « Depuis l’incarcération de plusieurs députés et sénateurs, les parlementaires ont tous la peur au ventre », nous explique un député RND. Selon un député de TAJ, « récemment le ministère de la Justice a ordonné la levée de l’immunité parlementaire du député Abdelkader Ouali, ancien ministre des Ressources en eau. Et, on se demande à qui le tour ? Si lui, en sa qualité de ministre, n’a pas pu s’épargner la procédure de levée de l’immunité, que dira-t-on de simples députés comme nous qui n’ont pas de soutiens ? ». Toutefois, beaucoup de députés soutiennent qu’« on sera obligés de faire bonne figure et donner l’impression de débattre du plan d’action ». Certains députés ne manquent pas de soutenir que « l’absentéisme des parlementaires sera très marquée lors du débat du plan d’action en question compte tenu du moral au plus bas » des locataires du palais Zighout-Youcef.