C’est aujourd’hui qu’aura lieu, à la Cour d’Alger (Ruisseau), l’examen de l’appel introduit par le collectif de défense pour la liberté provisoire des 16 manifestants arrêtés lors du 19e vendredi de marche populaire pour le changement pour avoir exhibé l’emblème berbère.
Un rendez-vous qui verra aussi un rassemblement pour exiger la libération des détenus d’opinion dans un contexte marqué par la multiplication d’arrestations et d’atteintes aux libertés, une évolution sans cesse dénoncée par des avocats et des militants politiques.
L’examen de l’appel introduit concerne les manifestants mis en mandat de dépôt pour avoir porté l’emblème amazigh, un «grief» que réfutent les juristes, selon qui les jeunes arrêtés sont à considérer comme «détenus d’opinion».
Les concernés, arrêtés le 28 juin pour possession de l’étendard berbère, poursuivis pour atteinte à l’unité nationale, comme énoncé dans l’article 79 du code pénal, sauront aujourd’hui s’ils seront relâchés ou si leur séjour carcéral sera prolongé.
Il faut souligner que la même chambre avait confirmé le mandat de dépôt contre un groupe de 18 manifestants arrêtés une semaine auparavant, le 21 juin, et qui avait comparu devant le juge d’instruction des Parquets Sidi-M’hamed et de Baïnem (Bab el Oued) pour les mêmes chefs d’inculpation d’atteinte à l’unité nationale. La Cour d’Alger avait également confirmé l’ordonnance de détention préventive contre l’ancien commandant de l’ALN, Lakhdar Bouregaâ, poursuivi pour «humiliation d’un corps constitué et démoralisation des troupes de l’armée», en application des articles 75 et 146 du code pénal. Le collectif de défense avait pour rappel introduit une demande de liberté, plaidait pour un « non lieu » dans les affaires des détenus d’opinion.
Il y a lieu de rappeler que les robes noires, constituées « bénévolement », ont boycotté la séance de plaidoirie pour protester contre le «recours abusif» aux détentions préventives, qui sont une exception, et condamné également un «procès politique» enclenché à l’encontre des détenus du mouvement populaire.
Un sit-in de protestation devrait être observé en parallèle devant la Cour d’Alger, en signe de solidarité avec les détenus d’opinion et prisonniers politiques. L’appel a été lancé par un collectif composé de militants, d’avocats et de membres des familles des détenus dont ils exigent la libération immédiate et inconditionnelle.
Ce même collectif a observé, mercredi dernier, une action de protestation pour réclamer la liberté aux détenus d’opinions, le jour même où devait avoir lieu également l’examen de l’appel introduit pour la libération provisoire de Lakhdar Bouregaâ.
Maître Noureddine Benissad, un des avocats du collectif de défense, avait indiqué à cette occasion que la défense « s’est mise d’accord pour ne pas cautionner l’audience concernant les jeunes qui ont été emprisonnés pour le port de l’emblème amazigh et le cas de Lakhdar Bouregaâ ».
L’examen prévu aujourd’hui intervient au lendemain du rejet, pour la troisième fois, par le Tribunal militaire de Blida de l’appel introduit pour la libération de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) en prison depuis le 9 mai dernier.
Le maintien de Mme Hanoune en prison n’a pas été du goût des formations politiques qui réclament des mesures d’apaisement de la part du pouvoir avant d’enclencher tout processus de dialogue.