Quelque 300 anciens gardes communaux et d’ex-Patriotes, parmi le « millier » qui ont cherché sans succès à gagner Alger, ont tenté de manifester hier à Alger devant l’Assemblée populaire nationale (APN) avant d’être empêchés par les services de police. Leur initiative relance leur vieille revendication de reconnaissance de leurs droits socio économiques et celui d’être reconnus d’avoir lutté pour sauver le pays durant la décennie noire. Elle regroupe des personnes venues des quatre coins du pays et qui ont la « ferme intention » de solliciter le gouvernement mis en place depuis l’élection du 12 décembre dernier pour se faire entendre, chose qui n’a pas été faite par les anciens ministres de l’Intérieur ayant pris en charge leur dossier, Noureddine Bedoui et Dahou Ould Kablia.
Après avoir été empêchés de manifester, et interpellés durant la matinée avant d’être relâchés, ces anciens gardes communaux et anciens Patriotes entendent revenir à la charge par d’autres démonstrations de force pour
« arracher des revendications exprimées depuis huit ans ». C’est ce qu’a indiqué à Reporters Salah Benyoucef, ex-garde communal et figure active de leur mouvement. M. Benyoucef, originaire de la région de Béchar, évoque des « doléances qui perdurent » et déplore des « promesses restées lettre morte ». A propos du rappel de leur plateforme de revendications, cet ancien garde-communal indique qu’une lettre a été adressée aux services de la présidence de la République en vue d’une intervention au plus haut niveau de l’Etat et du gouvernement. « On a l’espoir d’une réaction et d’une réponse favorable dans les dix jours qui viennent. Dans le cas contraire, on sera dans l’obligation de radicaliser notre action », a-t-il dit. « Nous exigeons une prise en charge réelle de notre plateforme de revendications », a-t-il insisté. Il s’agit entre autres de la reconnaissance officielle des sacrifices des gardes communaux à travers l’élaboration d’un statut particulier dudit corps. Il est question de la prise en charge de tous les éléments dudit corps estimé à 120 000, des familles de ceux tombés au champ d’honneur estimés à
4 670 garde-communaux, et l’indemnisation de ceux radiés, ou illégalement et abusivement révoqués. Il est demandé, selon M. Benyoucef, de «faciliter l’accès aux logements sociaux pour les retraités des gardes communaux et aux veuves, notamment des gardes communaux morts dans l’exécution de leur devoir, l’augmentation de la pension de retraite, et bénéficier de la prime de départ à la retraite, et l’accès aux hôpitaux militaires.
Le mouvement des anciens gardes communaux et ex-patriotes a, par ailleurs, pris la décision de se joindre aux marches du Hirak, les mardis et vendredis de chaque semaine. « Dorénavant, on prendra part à ces manifestations de contestation populaire afin de revendiquer nos droits », a indiqué M. Benyoucef. Qui a rappelé que le mouvement réclame le jugement de Dahou Ould Kablia et de Noureddine Bedoui pour n’avoir pas honoré leurs engagements.