L’élection présidentielle a perdu hier ses deux intentions de candidature parmi les formations politiques avec la défection du président de l’Alliance nationale républicaine (ANR) et de celui du Front El Moustakbel (FM), Abdelaziz Belaïd.
Les deux défections, qui ont été actées à quelques heures d’intervalle, sont intervenues le jour même de l’expiration de la date de dépôt des dossiers de candidature pour une élection présidentielle de plus en plus caduque. Premier à avoir annoncé qu’il ne sera pas de la course à la magistrature suprême, le chef de l’ANR a enveloppé son choix dans le vocable « suspension » de la candidature qu’il prête à plus d’une interprétation. Contacté pour d’amples explications,
M. Sahli a indiqué que par « par suspension, nous voulons souligner qu’il y a toujours une attente qu’il y est les préalables nécessaires pour une élection présidentielle ». Dans un communiqué que l’ANR a rendu public auparavant et qui a sanctionné une réunion peu ordinaire de son instance de délibération, le parti a énuméré les facteurs ou les éléments sur lesquels il s’est appuyé pour s’éloigner de l’élection. Il a rappelé, dans ce sens, les préalables qu’il avait présentés, dont la désignation d’un gouvernement de compétences nationales dirigée par une personnalité indépendante et consensuelle. Il s’agit aussi pour l’ANR de l’installation d’une instance chargée de l’encadrement de l’opération de vote. L’ANR a évoqué également la nécessité de résoudre le problème de « l’illégitimité » qui frappe la présidence de l’APN.
L’ANR se félicité, nonobstant, « la suspension » de la candidature de son président, et d’avoir réussi à remplir toutes les conditions légales de candidature avec la collecte de 731 formulaires de signatures individuelles d’élus répartis sur 33 wilayas. Sur un autre volet, l’ANR a affirmé qu’il partageait la position nationale exprimée par l’ANP privilégiant notamment « l’organisation de la Présidentielle dans les meilleurs délais, l’encadrement du Hirak populaire… »
Pour sa part, le Front El-Moustakbal a annoncé au terme d’une réunion de son bureau national qu’il n’allait pas déposer le dossier de candidature de son président Abdelaziz Belaid. Dans son argumentaire, le Front El Mostakbel en a expliqué les raisons en mettant en évidence notamment la « non-installation de l’instance indépendante de contrôle des élections, l’absence de concurrence, la non-concrétisation du dialogue auquel a appelé le commandement de l’armée et le contexte politique exceptionnel marqué par la révolte populaire ».
Tout comme l’ANR, le Front El-Moustakbal a affirmé avoir récolté les signataires nécessaires pour son candidat, réitérant, au-delà de la tenue ou pas du rendez-vous du 4 juillet, son attachement à ce qu’il qualifie de « processus politique constitutionnel » considéré comme la seule voie de sortie de crise. Pour le Front El-Moustakbal, qui ne s’inscrit dans aucune des initiatives lancées par les différentes formations politiques, « les élections transparentes et régulières constituent le meilleur et unique moyen de surmonter la crise que traverse le pays».
Abdelaziz Belaid qui était déjà candidat à la présidentielle de 2014 avec une participation plus qu’honorable se classant derrière le président sortant Abdelaziz Bouteflika et l’ancien chef du gouvernement Ali Benflis, s’était, pour rappel, lancé dans la course pour la présidentielle annulée du 28 avril dernier.
L’opération de dépôt des candidatures au Conseil constitutionnel a pris fin hier à minuit sur fond d’interrogations sur l’invalidation du scrutin du 4 juillet et de ce qui adviendra après.<