Après avoir plaidé pour la tenue d’une élection présidentielle «transparente» dans «un délai de six mois au plus tard», le président de Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, s’est attaqué au dispositif réglementaire encadrant le processus électoral qu’il souhaite voir amendé.

L’amendement de la législation électorale est réclamé dans l’objectif d’éliminer les sources de «fraude électorale» et combler les «failles» que porte le dispositif en vigueur, a-t-il expliqué, «afin d’enlever tous les obstacles empêchant le libre choix des électeurs». La revendication est incluse dans les «4 conditions» qu’il a énumérées pour garantir un scrutin présidentiel régulier et dans lequel il s’engagerait vraisemblablement.
A l’évidence, si M. Benflis tient à l’annonce de la part des autorités des mesures d’apaisement de nature à rétablir la confiance au sein des citoyens, il ne se soucie pas moins visiblement des conditions dans lesquelles sera tenue l’élection présidentielle. «Avant d’aller vers l’élection présidentielle, il faut réunir les conditions d’apaisement et de rétablissement de la confiance de la part du pouvoir en place pour prouver ses bonnes intentions sur la transparence du scrutin», a souligné l’ancien chef de gouvernement dans une vidéo partagée sur son compte facebook. Les quatre conditions qu’il formule sont jugées «essentielles» avant d’enclencher le processus électoral que le chef d’état-major de l’Armée souhaite dans «les plus brefs délais».
Les préalables d’Ali Benflis, conditions d’apaisement, sont «le départ du gouvernement Bedoui suivi de l’installation d’un gouvernement de compétences, la création d’une instance électorale indépendante, la révision des listes électorales et ses résultats et la révision du code électoral actuel». Sur ce point, il faut relever que de nombreux acteurs politiques et représentants de la société civile -exception faite des forces de l’alternative démocratique opposées au processus électoral – réclament le départ du Premier ministre. S’agissant de l’instance électorale indépendante, Benflis a plaidé pour que cette instance soit dotée des prérogatives d’organiser et de surveiller le processus électoral, de la révision des listes électorales à l’annonce des résultats finaux.
A l’issue de sa rencontre, la semaine écoulée, avec les membres de l’instance de médiation et de dialogue, l’ancien chef de gouvernement, s’il a plaidé pour l’élection présidentielle dans un délai n’excédant pas les six mois, n’en a pas moins exprimé quelques appréhensions et sa vision quant aux conditions dans lesquelles devrait se dérouler cette joute électorale. «Je ne dis pas qu’il faut des élections suivant l’ancien modèle. Une élection présidentielle transparente, propre et fiable, constitue l’issue la plus rapide pour faire face à la crise», a-t-il expliqué, par ailleurs, au lendemain de son entrevue avec Karim Younès. Pour M. Benflis, l’organisation du scrutin présidentiel, sous l’encadrement de la réglementation actuelle et sous l’administration décriée, aujourd’hui, ne peut pas constituer un facteur aidant pour une élection transparente. D’où sa plaidoirie pour une instance dotée de larges prérogatives, notamment dans la mise en place des listes électorales, tant localement qu’au niveau national, l’assainissement du fichier électoral, la désignation de chefs de bureau et de centres de vote…
«J’irai plus loin, l’autorité indépendante d’organisation de la présidentielle pourrait même s’approprier les prérogatives du Conseil constitutionnel et pourrait ainsi recevoir les dossiers de candidatures. Elle supervisera le scrutin jusqu’à l’annonce des résultats», a-t-il plaidé.