Il est loin le temps où, pour prémunir leurs enfants contre les dangers de la rue et le risque des fléaux sociaux, les parents préféraient les garder à la maison, sous une vigilance réelle et la protection par fibre parentale.

De nos jours, bien des mères et des pères seraient peut-être prêts à changer de mœurs et se mettre à jour de cette évolution technologique sous escorte du Net qui est en train de transformer les foyers en place publique planétaire, où tout le monde peut s’introduire sans avoir été préalablement invité. Sans surtout frapper à la porte de la maison dans sa valeur de foyer et d’intimité. Un simple clic actionné à des milliers de kilomètres de l’autre bout du monde suffit pour faire entrer chez vous n’importe qui et n’importe quoi, souvent sous une fausse identité et une amitié virtuelle.
La rue, réelle, visible et relativement contrôlable, semble être devenue plus sûre, ou moins dangereuse, qu’une chambre à la maison, espace clos, mais loin d’être hermétique aux criminels qui surfent sur la Toile, difficiles à traquer et très souvent au-dessus de tout risque d’être démasqués ou arrêtés.
Et s’il reste aujourd’hui encore quelques espaces clos dans les foyers, c’est bien pour se fermer au regard et au contrôle parental face à des enfants scotchés à leurs Smartphones ou tablettes pendant plusieurs heures de la journée et qui réussissent l’évasion parfaite sans attirer le moindre soupçon autour d’eux. Pourquoi donc, dans ce cas, mobiliser son enfant chez soi, si c’est pour lui ouvrir le portail de lieux et d’us encore plus dangereux que la rue ?
Les dégâts occasionnés par cette reconfiguration de l’espace public, de l’intimité et de la vie privée des individus ne se comptent plus, et les cas de suicides d’adolescents sous prescription du macabre jeu « La baleine bleue » montrent à leur tour qu’Internet tue si on n’en use pas avec prudence et prévention. Un jeu ? Non, une malédiction