La Banque mondiale (BM) a rendu publique, mercredi dernier,  une version actualisée de son rapport sur les perspectives économiques dans la région Mena, dans laquelle elle a revu son évaluation de la situation économique en Algérie.

Elle en a, en fait, retiré la mention «crise financière». La Banque Mondiale estimait dans sa première version du rapport qu’il sera difficile pour l’Algérie «de résister à la tentation de retarder à nouveau» le rééquilibrage des finances publiques, «même si le pays se dirige vers une crise financière déclenchée par le recours au seigneuriage pour financer le déficit budgétaire». Ce passage y a été supprimé et remplacé par un autre indiquant qu’il «importera toutefois, à court terme, de gérer avec soin un recours exclusif au seigneuriage pour financer le déficit». Selon l’agence APS, «l’essentiel de l’évaluation concernant l’Algérie a été fondé sur un rapport, intitulé « l’Algérie : vision 2035», dont l’élaboration en est au stade préliminaire. Les observations qui peuvent y figurer ne représentent pas l’avis de la BM tant qu’il n’est validé et publié par l’institution multilatérale».
Dans ses perspectives actualisées pour l’Algérie, la Banque souligne le «besoin de gérer avec soin» le recours exclusif au seigneuriage pour financer le déficit sans pour autant évoquer un scénario de crise financière qui pourrait secouer l’économie du pays, comme elle l’a prédit dans sa première version du rapport. Les auteurs du rapport ont avancé qu’il était «difficile» au gouvernement de résister au désir de retarder le rééquilibrage budgétaire même si le pays se dirige vers une crise financière déclenchée par le recours au financement monétaire. Le double déficit continuera de «s’aggraver» en 2018, et «l’intention manifestée» par les autorités de recourir au financement monétaire est «très préoccupante», continue cependant d’affirmer la Banque Mondiale dans son rapport.
Le passage estimant que  «la persistance du déficit budgétaire pourrait toutefois provoquer une forte création de monnaie, les autorités ayant jusqu’à présent refusé de financer le déficit en procédant à des emprunts extérieurs» reste également présent dans la nouvelle version du rapport. Enfin, la dernière mouture du rapport de la Banque Mondiale n’a pas apporté de modifications sur les prévisions d’inflation pour les prochaines années. Elle continue de prévoir une inflation à 7,5% en 2018, 8.1% en 2019 et 9% en 2020.  «La croissance et l’inflation globales augmenteront parallèlement à la réalisation des nouveaux investissements publics annoncés dans le budget de 2018», prévoit la Banque mondiale dans son rapport, qui précise que «le taux de croissance devrait, de ce fait, s’établir à 3,5%». Elle ajoute toutefois  qu’il sera difficile pour le taux de croissance du PIB de dépasser le seuil de 2% sur la période 2019/2020, ce qui représente une progression anémique pour un pays à revenu intermédiaire comptant une très forte proportion de jeunes. Par ailleurs, la production de nouveaux puits pétroliers continuera d’être importante et stimulera la croissance, tandis que le secteur hors hydrocarbures subira l’essentiel du processus de rééquilibrage des finances publiques que les autorités envisagent d’atteindre vers le milieu de 2019. F. M.