La section de la wilaya de Béjaïa du Front des forces socialistes (FFS), dont le conseil fédéral élargi aux présidents d’APC s’est réuni en session extraordinaire le 7 janvier , a longuement débattu de la situation générale induite par les derniers événements qu’a connus la wilaya, concluant à la «responsabilité» de «l’Etat dans ces violences», qui sont «la résultante de divers facteurs tous issus d’une gestion unilatérale et chaotique des affaires du pays». Il dénonce le recours de l’administration aux «sages» et autres «notables», « sélectionnés sur une base totalement arbitraire et de critères connus du seul pouvoir, et l’exclusion des élus, à l’occasion de réunions organisées lors de ces évènements », s’interrogeant sur les motivations d’une telle «manœuvre » qu’il considère comme une « tentative de substituer à la représentation élue des populations une représentation factice, archaïque et parfois même mafieuse ». 

Le FFS s’interroge également « sur les objectifs et les visées d’une grève des commerçants observée suite à un appel anonyme »; allant jusqu’à soupçonner «le pouvoir lui-même de vouloir manipuler et gérer les rapports sociaux ». Il n’en demeure pas moins que le FFS a « salué la population de Béjaïa pour sa maturité et son esprit de responsabilité pour avoir réussi à déjouer un plan machiavélique visant la destruction de la cohésion sociale » et d’« exiger la libération immédiate et inconditionnelle des personnes injustement arrêtées lors de ces événements ». Pour ce faire, il a décidé, à l’issue de la réunion de son conseil fédéral, de « mettre en place un collectif d’avocats pour suivre le dossier des personnes injustement arrêtées » et d’intensifier « les rencontres et les débats publics pour sensibiliser la population sur les enjeux de l’heure ».
Parmi ces enjeux, les dispositions de la loi de finances 2017, « antisociale, rejetée par les parlementaires du FFS et votée par une majorité préfabriquée », s’emporte le FFS. Et s’il fallait une réponse à la «déstructuration de la société », le FFS la voit dans les seuls « débat et la concertation », non sans la «reconstruction d’un consensus national » qui constitue, à ses yeux, « la solution démocratique et non violente que ne cesse de revendiquer la population».