Les professionnels de l’évènementiel voient désormais l’horizon s’éclaircir peu à peu, au fur et à mesure que le covid-19 devient de moins en moins actif. Après sept mois d’arrêt des toutes les activités commerciales et les manifestations économiques, la Société algérienne des foires et expositions (SAFEX) devrait retrouver ses couleurs sous peu, puisqu’un salon est d’ores et déjà annoncé.

La Safex a animé, hier, avec la CNA (Chambre nationale d’Agriculture) une conférence de presse sur la 1re édition de la Foire nationale de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Cette manifestation, la première depuis plusieurs mois, soit depuis l’instauration des premières mesures de confinement à la mi-mars, remet ainsi plusieurs secteurs d’activité en vitrine ; l’occasion de renouer avec les accords de partenariat et la promotion des produits «made in Algérie». Malmenés par la crise, ces secteurs, dont l’évènementiel et la communication, le tourisme, le BTPH, plusieurs de leurs entreprises ont dû baisser rideau faute de demande et de projets. Au 1er trimestre de l’année, la Safex n’a réalisé que 20% de son chiffre d’affaires prévisionnel, en raison du report et/ou l’annulation de plusieurs salons, foires et événements suite à la propagation du Coronavirus. En 2019, les pertes de la Safex avoisinaient les 60%, suite à l’annulation de plusieurs événements, foires et salons, en raison de la situation politique qu’a connu le pays. En 2020, avant même que l’épidémie de Coronavirus s’installe dans le pays, la Safex n’a organisé que sept salons et foires sur les 25 prévus à l’échelle nationale. Au plan purement économique, des pans entiers de l’économie réelle souffraient depuis le début de la crise sanitaire, pris en tenaille entre la hausse des charges sociales et la baisse de l’activité et des recettes suite aux restrictions destinées à endiguer la diffusion du virus et au déclin de la consommation. Le secteur du BTPH et celui du tourisme semblent être les plus touchés par les contrecoups de la crise sanitaire. Les organisations professionnelles ont recensé plus de 4000 entreprises à l’arrêt dans le secteur du bâtiment et des travaux publics et plus de 300 000 travailleurs au chômage technique. L’année 2019 a été déjà très compliquée pour les entreprises, dont le secteur était au centre d’un grand scandale politico-financier, entrainant nombre de patrons dans des procès pour corruption. Dans le secteur du tourisme, le secrétaire général du Syndicat national des agences de voyages, Ilias Senouci, avait indiqué que 3 000 agences de voyages et de tourisme sont menacées de disparaître, en raison du nouveau coronavirus, alors que des millions d’emplois du secteur n’attendaient plus qu’une lueur d’espoir pour ne pas disparaitre. La reprise des manifestations économiques pourrait être une bouffée d’oxygène à bien de secteurs en quête de relais de croissance et de solutions susceptibles de dynamiser leur activité.
Quoi qu’il en soit, la reprise des rendez-vous économiques et professionnels témoigne d’une prise de conscience quant à une situation pour le moins intenable qui pourrait se solder par une récession historique cette année, des faillites en cascade et des milliers d’emplois détruits par la crise. n